"La Frondeuse": la biographie sur Valérie Trierweiler devant la justice

Publié le à PARIS (AFP)

Après un tour de chauffe procédural, la justice examine mercredi les poursuites engagées par la première dame, Valérie Trierweiler, contre sa biographie intitulée "La Frondeuse", ouvrage qui lui prête d'avoir eu dans le passé une relation avec le député UMP Patrick Devedjian.
La 17e chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris examinera l'assignation de la compagne du chef de l'Etat pour atteinte à l'intimité de la vie privée. Elle vise les auteurs du livre, les journalistes Alix Bouilhaguet (France 2) et Christophe Jakubyszyn, en charge du service politique de TF1-LCI, ainsi qu'Yves Derai, directeur des éditions du Moment.
Mme Trierweiler leur réclame 40.000 euros de dommages et intérêts.
Cette biographie raconte les premiers pas de la journaliste au côté de son compagnon, devenu président de la République, avec l'affaire du tweet de soutien à l'adversaire de Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle, ainsi que sa vie professionnelle, y mêlant des confidences anonymes sur son passé sentimental.
L'avocate de Mme Trierweiler, Me Frédérique Giffard, avait dénoncé des "rumeurs non avérées et malveillantes visant à salir sa personne et ses proches".
Pour de complexes raisons de procédure, seul le volet atteinte à la vie privée sera jugé vendredi, les poursuites en diffamation seront jugées ultérieurement.
"On se demande de quoi le tribunal est vraiment saisi", a déclaré à l'AFP Me Olivier Pardo, conseil de l'éditeur, estimant qu'il règne une "grande confusion", un "couac juridique" car "Mme Trierweiler a trop joué avec la procédure".
"Impact sur la vie publique"
Il juge que ce qui concerne la première dame a un "impact sur la vie publique".
Mais pour Me Giffard, il n'y pas pas de confusion, "au contraire", mais "deux procédures distinctes".
Selon l'avocate de Christophe Jakubyszyn, Me Florence Bourg, son client est "tout à fait serein", les auteurs ont fait une enquête "sérieuse et documentée".
Lors d'une première audience portant sur des questions de nullités de procédure le 10 décembre dernier, François Hollande et Manuel Valls avaient fait irruption dans la procédure.
Le chef de l'Etat et le ministre de l'Intérieur avaient chacun adressé un courrier au tribunal, pour contester des passages de l'ouvrage attaqué.
A droite, les réactions dénonçant un "mélange des genres" s'étaient multipliées, tandis qu'un proche de M. Hollande avait nié toute volonté du président de faire "pression" sur la justice, affirmant qu'il ne s'agissait que d'un "témoignage personnel".
L'avocate de Mme Trierweiler avait nié toute "pression" de la part du président et fait valoir que ces deux lettres, datant du mois de novembre 2012, étaient "annexes" à la procédure.
De son côté, Patrick Devedjian a lui aussi attaqué l'ouvrage en diffamation et réclame 100.000 euros de dommages et intérêts.
Tout comme Mme Trierweiler, l'élu des Hauts-de-Seine a assigné l'hebdomadaire Point de vue, qui avait publié dans son édition du 10 octobre 2012, peu avant la sortie du livre, une longue interview de Christophe Jakubyszyn. Celui-ci évoquait au conditionnel la relation qu'ils auraient entretenue.
Mme Trierweiler demande au total solidairement 70.000 euros à M. Jakubyszyn et à Point de vue, tandis que M. Devedjian leur réclame 40.000 euros de dommages et intérêts.
Mais à plusieurs reprises dans le passé, souligne l'avocat du journal, Me Laurent Merlet, la justice a estimé que l'évocation d'une relation adultère, "quand elle n'est pas assortie de commentaires péjoratifs", n'est pas diffamatoire.
Selon Me Giffard, les dommages et intérêts que toucherait sa cliente seraient versés à des associations caritatives.
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