RTL Group, premier groupe de médias audiovisuels européen, a démarré l'année en beauté mais s'attend à un deuxième semestre moins vigoureux après les JO au Brésil et l'Euro-2016 en France, a-t-il indiqué mercredi.

Dans un entretien à l'AFP, le codirigeant belge de RTL Group, Guillaume de Posch a dit "anticiper une croissance entre 2,5 et 5% du chiffre d'affaires et des résultats opérationnels stables sur l'ensemble de l'année".

En 2015, le bénéfice d'exploitation avait atteint un niveau record de 1,167 milliard d'euros et le chiffre d'affaire dépassé pour la première fois les 6 milliards d'euros.

"Lors d'une année sportive - JO et Euro de foot - les annonceurs ont tendance à anticiper leurs investissements publicitaires sur la période janvier-mai, sachant l'été très encombré d'un point de vue publicitaire", a expliqué M. de Posch, pour justifier sa prudence pour le second semestre.

A l'avenir, RTL Group, dont le coeur de métier reste la diffusion radio télé classique, à la fois le plus gros générateur de revenus et de résultats, prévoit d'investir environ 250 millions d'euros par an, essentiellement "dans les contenus et le numérique, en Europe et en Amérique du nord", a-t-il indiqué.

Récemment, a-t-il rappelé, RTL Group a ainsi investi près de 50 millions d'euros dans une plateforme de vente de publicité en ligne Smartclip et moins de 10 millions d'euros dans Abot Hameiri, société de production israélienne, un "pays très créatif en terme de nouvelles idées et de format télé".

"Nos deux marchés de prédilection sont l'Europe, car c'est le socle de nos activités existantes, et l'Amérique du nord, car tout le numérique, les nouvelles plateformes mondiales, telles Facebook, YouTube, Amazon, y sont basées", a-t-il expliqué.

Dans le numérique, le groupe réfléchit à des offres de vidéo par abonnement comme celle de l'américain Netflix, dont l'arrivée en Allemagne et en France n'a, selon M. de Posch, pas à ce stade affecté ses activités.

"La Hollande est en revanche un marché où Netflix affiche un plus grand nombre d'abonnés, ce qui nous a amené à créer notre propre plateforme SVoD, appelée Videoland", a-t-il ajouté.

"Ce projet pilote, avec une équipe de 30 personnes" est un test grandeur nature pour RTL Group. Comme Netflix, le groupe basé au Luxembourg ne communique pas ses chiffres d'abonnés dans ce domaine.

M. de Posch n'a pas exclu d'élargir ce concept à d'autres pays, tout en soulignant que "les Pays-Bas, comme la Scandinavie, étaient des marchés traditionnellement beaucoup plus ouverts aux programmes anglophones".

Dans ces pays, ces derniers sont sous-titrés et non doublés. "Ce qui explique cette appétence du public hollandais pour ces nouvelles plateformes, plus que dans d'autres pays comme l'Allemagne ou la France", a-t-il insisté.

Au premier trimestre, le groupe, contrôlé par le géant allemand des médias Bertelsmann, a vu son bénéfice net augmenter de 30,2% à 138 millions d'euros.

Son bénéfice d'exploitation (EBITA) a progressé de 18% à 229 millions d'euros, porté par la filiale allemande Mediengruppe RTL Deutschland, elle-même entrainée par une hausse du chiffre d'affaires publicitaire télévisuel.

De janvier à mars, son chiffre d'affaires a crû de 9,5% à 1,432 milliard d'euros grâce à l'Allemagne, la "croissance rapide des activités numériques" du groupe et "une hausse du chiffre d'affaires de FremantleMedia", la filiale de production télé du groupe.

clp/cj

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