Le rugby européen sur pause: les Coupes d'Europe sont suspendues "au moins jusqu'à début février" en raison du contexte sanitaire, et les incertitudes montent sur le Tournoi des six nations 2021, censé s'ouvrir dans moins d'un mois.

Confronté au variant du coronavirus et à son expansion très rapide au Royaume-Uni, le gouvernement français a écrit lundi à la Ligue nationale (LNR) pour demander "aux clubs professionnels du rugby français de reporter leur participation aux rencontres de coupes d'Europe, au moins jusqu'à début février 2021", selon un courrier que l'AFP a consulté.

Dans la foulée, l'organisateur, l'EPCR a expliqué n'avoir "d'autre choix" que d'officialiser cette "suspension temporaire" et le report des deux prochaines journées de la Coupe d'Europe et du Challenge européen, prévus les week-ends des 15 et 22 janvier.

Mais le Tournoi 2021, qui doit débuter le 6 février, est désormais aussi dans la balance, après une édition 2020 déjà très perturbée par la pandémie. Une réunion technique concernant l'édition 2021 aura lieu mardi matin au ministère des Sports.

Durant le week-end, le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte s'était voulu rassurant: "C'est un casse-tête mais je crois qu'il ne faut pas s'alarmer", a-t-il expliqué sur RMC.

"Le Tournoi se jouera, avec un protocole sanitaire dicté par le gouvernement et lié à ce virus mutant. Tout s'était bien passé à l'automne, il en sera de même pour le Tournoi des six nations à venir", a ajouté le patron du rugby français.

Concernant les compétitions européennes, l'EPCR s'est dite "déterminée à trouver une solution permettant de reprendre et de terminer" les compétitions "dès que possible".

En Coupe d'Europe, le Stade toulousain devait affronter le tenant du titre Exeter en Angleterre, avant de recevoir la province irlandaise de l'Ulster. Même son de cloche pour Clermont (Munster, Bristol), Lyon (Glasgow Warriors, Gloucester) ou le Racing 92 (Harlequins, Connacht)...

Mais ces matches n'auront pas lieu. "Le gouvernement français souhaite prioritairement lutter contre tous les risques d'introduction" de variants plus contagieux de Covid-19 et leur "circulation sur le territoire national", a expliqué le ministère des Sports.

- Situation "préoccupante" -

La semaine dernière, différentes réunions entre l'EPCR, organisateur des compétitions continentales, et les différents championnats impliqués avaient permis de renforcer le protocole sanitaire, jugé trop léger par les clubs du Top 14.

Les organisateurs, selon les informations de l'AFP, avaient assuré vouloir se calquer sur le protocole appliqué en France, où les équipes sont testées trois jours avant les matches, au lieu de six dans les deux coupes européennes.

Ces avancées sont cependant insuffisantes pour le gouvernement français face à la situation sanitaire au Royaume-Uni avec la progression du variant britannique à l'échelle européenne. Une situation jugée "préoccupante" par Paris.

Ce nouveau variant du SARS-CoV-2 a une transmissibilité accrue par rapport aux souches circulant actuellement en France, augmentant ainsi sensiblement le risque de contamination.

Tout déplacement ou séjour au Royaume-Uni est déjà fortement déconseillé.

Suite à des rencontres de Challenge Cup s'étant déroulées sur le territoire britannique fin décembre, plusieurs personnes atteintes du variant précité ont ainsi été identifiées au sein de l'Aviron bayonnais et de la Section paloise, précise le ministère des Sports.

Les clubs français ne seront toutefois pas au repos: la Ligue a ainsi profité de ce trou d'air dans un calendrier surchargé pour s'y glisser et reprogrammer quatre matches en retard, dont les rencontres entre Bordeaux-Bègles et Clermont (samedi 15h15/14H15 GMT) ou entre le Racing 92 et Toulon (dimanche 21h05/20h05 GMT).

La Premiership anglaise, elle, va prendre un break de deux semaines et reprendra le 29 janvier avec le choc entre les Bristol Bears et Bath.

Mais près d'un an après, le rugby français n'est pas encore sorti de la cloche sous laquelle l'a placé la pandémie.