La police russe a procédé jeudi à des dizaines de perquisitions à travers le pays contre des collaborateurs de l'opposant au Kremlin Alexeï Navalny, impliqué cet été dans un vaste mouvement de contestation électorale, ont indiqué des militants.

"Il y a déjà plus de 29 villes dans la liste (des perquisitions) et plus de 80 adresses", a affirmé Leonid Volkov, l'un des alliés de M. Navalny, sur son compte Twitter.

"Cela ne touche pas seulement les appartements des coordinateurs et les bureaux, mais aussi les domiciles des collaborateurs et des bénévoles actifs", a-t-il précisé, ajoutant que la police était notamment intervenue dans les villes de Nijni Novgorod, Vladivostok, Kazan, Ekaterinbourg, Novossibirsk ou encore à Saint-Pétersbourg.

Selon cette source, les fouilles sont toutes liées à une enquête pour "blanchiment d'argent" visant l'organisation anticorruption de M. Navalny et lancée début août, alors que Moscou était secoué par des manifestations contre l'exclusion de candidats d'opposition à un scrutin local.

Dans les urnes, ce vote s'est traduit dimanche par un revers cinglant des candidats pro-pouvoir à Moscou, où ils ont perdu près d'un tiers de leurs sièges par rapport à la précédente mandature.

Condamné à 30 jours de prison lors de ces contestations, Alexeï Navalny, dont tous les candidats avait été exclus du scrutin à Moscou, avait activement appelé à participer à ce mouvement, inédit depuis 2012 et fermement réprimé par les autorités.

Dénonçant un "coup massif", Kira Iarmych, la porte-parole de M. Navalny, a qualifié jeudi ces nouvelles perquisitions "d'acte d'intimidation" et de "vol" visant à paralyser le travail de son organisation.

La semaine dernière, les bureaux moscovites et le studio d'enregistrement de l'équipe de M. Navalny avaient déjà été touchés par une perquistion de policiers cagoulés.