La ministre péruvienne des Affaires étrangères, Elizabeth Astete, a annoncé sa démission dimanche après avoir reconnu la "grave erreur" de s'être fait vacciner contre le Covid-19 dès janvier, avant les populations prioritaires.

"J'ai présenté à M. le président de la République ma lettre de démission de ministre des Affaires étrangères", a-t-elle écrit sur Twitter.

Sa démission a été aussitôt acceptée par le président par intérim Francisco Sagasti.

Il s'agit de la deuxième ministre du gouvernement péruvien, après celle de la Santé, à démisionner dans le cadre de ce scandale.

Le scandale a éclaté jeudi après la révélation par un quotidien péruvien que l'ancien président Martin Vizcarra (2018-2020) avait été vacciné contre le Covid-19 en octobre, quelques semaines avant sa destitution par le parlement.

L'ancien chef de l'Etat, qui brigue un siège de parlementaire aux élections du 11 avril, s'est défendu en disant qu'il s'était porté volontaire dans l'essai clinique du vaccin Sinopharm, comme des milliers d'autres Péruviens. Ce que l'université en charge de l'essai a démenti.

Cette révélation a provoqué un tollé, entraînant la démission de la ministre de la Santé, Pilar Mazzetti, vendredi.

Contrairement à d'autres pays, dont les présidents, ministres ou fonctionnaires se sont fait vacciner pour donner l'exemple, au Pérou, les critiques visent des membres du gouvernement qui ont reçu le vaccin en toute discrétion et avant même le lancement de la campagne officielle de vaccination.

Les premières vaccinations ont démarré mardi au Pérou et sont pour l'instant réservées aux personnels de santé.

Selon les derniers chiffres publiés samedi, le Pérou a enregistré 43.491 décès du Covid-19 pour 1,22 million de cas confirmés.

Le système hospitalier péruvien est saturé avec 14.222 malades du Covid-19 hospitalisés et une pénurie de l'oxygène à usage médical, qui contraint des centaines de Péruviens à faire la queue pour en obtenir pour un proche malade.