Séquestration à Cleveland: les suspects devant un juge dans la journée

Publié le à CLEVELAND (Etats-Unis) (AFP)

Les trois suspects de l'enlèvement et la séquestration de trois jeunes femmes disparues depuis une dizaine d'années, à Cleveland dans l'Ohio (nord), devaient être interrogés mercredi et formellement accusés dans la soirée, a annoncé la police de Cleveland.
"Ce n'est que le sommet de l'iceberg. Cette enquête sera très longue", a déclaré la porte-parole de la police de Cleveland, Jennifer Ciaccia, sur la chaîne de télévision CNN, refusant de commenter des informations de presse selon lesquelles les femmes auraient été enchaînées dans la maison, battues et subi des grossesses multiples.
Après la stupéfiante libération des trois femmes, la police a arrêté trois frères, Ariel, Onil et Pedro Castro, âgés respectivement de 52, 50 et de 54 ans, soupçonnés de séquestration. Ariel serait le propriétaire de la maison où étaient séquestrées les trois jeunes femmes, tandis que ses deux frères habiteraient ailleurs.
Amanda Berry, 27 ans, Gina DeJesus, 23 ans, et Michelle Knight, 32 ans, ont été libérées lundi soir, après avoir été enlevées il y a respectivement 10 ans, 9 ans et 11 ans. La police a précisé qu'une enfant âgée de six ans, la fille d'Amanda Berry née pendant sa captivité, avait également été retrouvée.
"Nous avons plusieurs questions sans réponses. Pourquoi ont-elles été enlevées? Comment ont-elles été enlevées? Et comment sont-elles restées à Cleveland sans être repérées pendant tout ce temps?", s'est demandé mardi le maire de Cleveland, Frank Jackson, lors d'une conférence de presse.
"Au secours, je suis Amanda Berry! J'ai été kidnappée et j'ai été portée disparue pendant dix ans. Je suis libre maintenant": cette jeune femme a appelé lundi la police grâce à un voisin, ce qui a permis de la retrouver en compagnie des deux autres, à seulement quelques kilomètres des lieux où elles avaient été enlevées.
Les trois suspects "devraient être accusés au moins d'enlèvement", a précisé à l'AFP Page Pate, un avocat pénaliste. "Quand les enquêteurs auront découvert ce qu'il s'est passé dans la maison, de nouvelles charges pourront être ajoutées".
"Je suis heureux de te revoir parmi nous", a lancé la grand-mère d'Amanda Berry, Gentry Fern, dans un appel téléphonique diffusé par la chaine de télévision ABC, ajoutant qu'elle pensait que sa petite fille était morte.
"Je suis heureuse d'être de retour", a répondu Amanada, dans ce premier enregistrement rendu public depuis son appel paniqué à la police après son évasion.
La police a confirmé que Amanda Berry avait une fille de six ans, Jocelyn, apparemment née en captivité. Une photo montre Berry souriant avec sa soeur et sa petite fille à l'hôpital.
Les jeunes femmes et la fillette ont été examinées par des médecins au MetroHealth Medical Center de Cleveland, dont elles sont sorties mardi matin "en relativement bonne santé", selon l'hôpital.
La petite fille "a l'air en forme - heureuse, en bonne santé et elle a mangé une glace la nuit dernière", a raconté sur ABC Ed Tomba, chef adjoint de la police de Cleveland.
"Le cauchemar est terminé", a déclaré Steve Anthony du FBI aux journalistes.
"Ces trois jeunes femmes nous ont fourni la définition ultime de la survie et de la persévérance. La guérison peut commencer".
Les photos d'identité judiciaire des trois suspects montrent des hommes corpulent avec des barbes grises.
Le directeur de la Sécurité publique Cleveland Martin Flask a pour sa part assuré que la police n'avait jamais eu d'informations laissant penser que quelque chose d'anormal se passait dans la maison de Seymour avenue.
La police a reconnu être déjà allée à deux reprises à la demeure: en mars 2000 pour une bagarre dans la rue, et en janvier 2004 au sujet d'Ariel Castro, chauffeur de bus scolaire, qui avait oublié un enfant dans un bus.
La police avait alors frappé en vain à la porte du domicile, sans obtenir de réponse.
Selon le chef adjoint Ed Tomba, "nous devons donc attendre les interrogatoires des suspects et nous espérons qu'ils vont nous dire exactement ce qui s'est passé là-bas".
"Elles étaient les seules (à vivre) avec les suspects", a-t-il ajouté.
© 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.