Des frappes nocturnes israéliennes en Syrie ont tué jeudi douze combattants pro-iraniens près de Damas et dans le Sud, selon une ONG, dernière opération en date de l'Etat hébreu qui s'attaque à la présence militaire de Téhéran dans le pays en guerre.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, Israël a mené des centaines de frappes contre des positions militaires du pouvoir de Damas, mais aussi contre ses alliés indéfectibles, l'Iran et le Hezbollah libanais, deux grands ennemis de l'Etat hébreu.

Sept combattants étrangers ont été tués dans des raids jeudi peu après minuit à Kesswa, un secteur au sud-ouest de Damas plusieurs fois visé par le passé et où sont déployés des combattants iraniens et d'autres nationalités, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cinq combattants syriens d'une faction pro-iranienne ont aussi été tués à Ezra, dans la province méridionale de Deraa, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources à travers la Syrie.

Des correspondants de l'AFP dans plusieurs quartiers de Damas ont entendu des explosions très fortes aux alentours de 1H15 du matin (environ 23H15 GMT). La télévision étatique a diffusé des images montrant des explosions dans le ciel noir après l'activation de la défense antiaérienne.

Selon une source au sein de l'armée syrienne, citée par l'agence officielle syrienne Sana, les défenses antiaériennes sont entrées en action en riposte à deux vagues de frappes israéliennes.

Cette source a confirmé que des raids avaient ciblé la région de Damas mais aussi des positions à Deraa et dans la province voisine de Qouneitra, deux secteurs qui jouxtent la partie occupée et annexée par Israël du plateau syrien du Golan.

"L'attaque a fait huit blessés", d'après la source militaire, qui n'a pas donné plus de précisions sur leurs positions ou leur nationalité.

Interrogé, un porte-parole de l'armée israélienne n'a pas voulu commenter.

- Tête de pont iranienne -

A plusieurs reprises, les dirigeants israéliens se sont publiquement exprimés sur leur campagne en Syrie, martelant que l'Etat hébreu ne laisserait pas le pays en guerre devenir la tête de pont de Téhéran.

Mi-janvier, Damas avait accusé l'aviation israélienne d'avoir mené une attaque contre l'aéroport militaire T4 dans le centre du pays, un raid ayant tué trois combattants pro-Iran d'après l'OSDH.

Par le passé, cette même base avait été plusieurs fois prise pour cible par des raids israéliens.

En novembre, l'armée israélienne a revendiqué une série de frappes aériennes contre des sites militaires des forces gouvernementales et de la force Qods des Gardiens de la Révolution iraniens, qui ont tué 23 "combattants" parmi lesquels 16 étrangers, selon l'OSDH.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait alors confirmé que la force Qods, chargée des opérations extérieures de la République islamique d'Iran, faisait partie des cibles.

- "Pas d'entrave" -

Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations antigouvernementales par le régime, la guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts et jeté sur la route de l'exil des millions personnes.

Au fil des ans le conflit a gagné en complexité, notamment avec l'implication de puissances régionales et internationales.

Les frappes de jeudi imputées à Israël interviennent alors que le pouvoir de Bachar al-Assad poursuit une offensive meurtrière dans le nord-ouest syrien, grignotant l'ultime grand bastion d'Idleb dominé par des jihadistes et des rebelles.

La source militaire citée par Sana a assuré que les raids nocturnes n'allaient pas entraver la reconquête du bastion d'Idleb par les forces gouvernementales.

"Cette escalade agressive israélienne ne va pas sauver les groupes terroristes armés qui s'effondrent à Idleb", a martelé la source.

Depuis la mi-décembre, les bombardements du régime et de son allié russe sur le nord-ouest ont tué plus de 300 civils, selon l'OSDH, tandis qu'en deux mois un demi-million de personnes ont été déplacées par les violences, d'après l'ONU.

L'Union européenne a demandé jeudi la fin des bombardements menés par les forces syriennes dans la province d'Idleb et l'ouverture d'un accès humanitaire pour les populations de la région.