Des bombardements de représailles menés par l'armée turque ont tué 31 combattants du régime syrien dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté vendredi une ONG, après la mort de 33 soldats turcs dans des raids attribués par Ankara au pouvoir de Damas.

Durant la nuit, des premiers bombardements turcs menés "par l'artillerie ou avec des drones" armés ont visé des positions du régime, notamment dans le sud et dans l'est de la province d'Idleb, tuant 27 combattants des forces gouvernementales, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Vendredi, quatre combattants du régime ont été tués par des tirs d'artillerie turcs dans le nord-est de la province voisine d'Alep, selon l'OSDH. Des factions syriennes soutenues par des forces turques se trouvent dans ce secteur.

Un premier bilan de l'OSDH faisait état de 20 soldats du régime tués.

Les autorités de Damas n'ont pas commenté l'escalade avec Ankara, ni fourni de bilan. Une source militaire citée vendredi par l'agence officielle syrienne Sana a toutefois laconiquement dénoncé "l'exagération des pertes" essuyées par l'armée de Damas.

Ankara avait confirmé avoir riposté dans la nuit à des raids attribués au régime syrien ayant tué jeudi 33 soldats turcs dans la province d'Idleb.

"Toutes les positions connues du régime (syrien) ont été prises sous le feu de nos unités terrestres et aériennes", a affirmé le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, dans un communiqué.

Les lourdes pertes essuyées par Ankara jeudi interviennent après des semaines de tensions croissantes à Idleb entre les forces turques et celles du régime, qui se sont affrontées à plusieurs reprises depuis le début du mois.

Les bombardements meurtriers de jeudi portent à au moins 53 le nombre de militaires turcs tués à Idleb en février.

- Contre-offensive -

Avec le soutien de l'aviation de Moscou, Damas est reparti à l'offensive en décembre pour reprendre la région d'Idleb, le dernier grand bastion rebelle et jihadiste.

Vendredi encore, quatre civils d'une même famille, dont deux enfants, ont été tués dans des raids aériens dans la région de Jabal al-Zawia à Idleb, selon l'OSDH, qui n'était pas en mesure d'identifier l'auteur des frappes.

La Turquie, qui soutient certains groupes rebelles et a déployé des troupes dans le nord-ouest syrien, n'a de cesse de réclamer un arrêt de l'offensive.

Ankara, qui accueille déjà plus de 3.6 millions de réfugiés syriens sur son territoire, craint que les violences ne provoquent un nouvel afflux vers sa frontière, qu'elle maintient fermée.

La poussée de fièvre des deux derniers jours intervient après que les rebelles et les jihadistes ont réussi à reprendre la ville stratégique de Saraqeb, dans la province d'Idleb, avec un appui d'Ankara, selon l'OSDH.

Citée jeudi par l'agence officielle syrienne Sana, une source militaire a accusé "le régime turc de fournir un soutien aux terroristes (...) dans les combats en cours sur l'axe de Saraqeb".

Les combats se poursuivent vendredi à Saraqeb, toujours tenue par les rebelles et les jihadistes.

Sur ce front, "les frappes d'artillerie turques en soutien aux rebelles entravent l'avancée des forces du régime", selon Rami Abdel Rahmane. Les forces de Damas ont seulement pu reconquérir la zone industrielle de la ville, d'après lui.