Syrie: les frappes provoquent la fuite de civils près des bases jihadistes

Publié le à Damas (AFP)

Les frappes conduites par Washington et ses alliés contre l'organisation Etat islamique en Syrie ont semé la panique parmi les civils habitant à proximité des sites touchés, les poussant à fuir, selon une ONG et des militants.

"Les civils qui habitent près de positions de l'EI à travers la Syrie ont pris la fuite", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales dans tout le pays.

Les frappes menées au moyen d'avions de chasse, de bombardiers ou de missiles Tomahawk tirés depuis des navires, ont visé des centres de l'EI dans le nord, le nord-est et l'est de la Syrie. Elles ont fait au moins 120 morts parmi les jihadistes, selon un bilan établi par l'OSDH vers 12H00 GMT.

Dans la ville de Raqa, principal bastion de l'EI, "de nombreux civils vivant près des positions de l'EI se sont enfuis", a indiqué à l'AFP un militant sur place se faisant appeler Abou Youssef. "Ils se réfugient dans la province car la frontière avec la Turquie du côté de Raqa est fermée", a-t-il précisé.

L'OSDH a fait état de près de 20 frappes sur Raqa et les localités proches de Tabqa, Aïn Issa et Tall Abyad. Plus de 20 jihadistes ont péri dans des raids sur deux positions de l'EI dans la province, qui ont "détruit complètement leurs véhicules".

"Les habitants ont été pris par surprise. Ils n'étaient pas sûrs que ces frappes allaient se produire", témoigne le militant.

"Les combattants de l'EI n'ont pas totalement abandonné leurs positions. Ils se redéploient afin de ne pas trouver trop nombreux dans un lieu précis", selon lui.

- Explosions "très puissantes" -

La coalition a également mené 22 frappes dans la région de Boukamal frontalière de l'Irak et située dans la province pétrolière de Deir Ezzor dans l'est de la Syrie, selon l'OSDH et des militants. Huit autres frappes ont visé d'autres positions dans la province de Deir Ezzor.

"Les explosions étaient très puissantes", a relaté un militant présent à Boukamal, en témoignant également de la fuite des résidents vivant à proximité des positions de l'EI.

"On peut voir les véhicules de l'EI circuler dans les rues" et certains d'entre eux transportent "des missiles antiaériens", a précisé ce militant qui se fait appeler Assi al-Hussein.

"Les écoles ont fermé", a-t-il ajouté.

En outre, trois frappes ont visé la ville de Chaddadé dans la province de Hassaka (nord-est), selon l'OSDH.

Les avions de la coalition ont également ciblé des positions de combattants d'Al-Qaïda, tuant 50 d'entre eux dans l'ouest de la province septentrionale d'Alep ainsi que huit civils, dont une femme et trois enfants, selon un bilan de l'OSDH.

Ces positions appartiennent au Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a précisé l'ONG.

Le Pentagone a confirmé avoir mené, sans ses alliés, des frappes contre un groupe autre que l'EI, affirmant qu'il s'agissait du groupe Khorassan, composé de vétérans d'Al-Qaïda et qui coopère avec Al-Nosra en utilisant ses bases et ses ressources, selon des experts.

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