Syrie: près de quatre mois de bombardements destructeurs contre la région d'Idleb

Publié le à Beyrouth (AFP)

Les forces du président syrien Bachar al-Assad, soutenues par l'aviation russe, ont intensifié depuis fin avril leur pilonnage de la province d'Idleb et de zones voisines dans les provinces limitrophes d'Alep, Hama et Lattaquié.

Cette région du nord-ouest de la Syrie est dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda). D'autres factions rebelles et jihadistes y sont présentes.

Depuis fin avril, 820 civils ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

- Escalade -

Le 26-27 avril, quinze civils sont tués dans des raids russes à Tal Hawach et Kafranbel, dans la province d'Idleb, ainsi que dans le nord-ouest de la province de Hama.

Les Etats-Unis appellent la Russie à mettre fin à l'"escalade". Depuis février, plus de 200 civils ont été déclarés morts à Idleb, selon l'ONU.

Le 6 mai, la base russe de Hmeimim, située dans la province de Lattaquié, est la cible de roquettes tirées à partir d'un secteur tenu par HTS, selon Moscou.

Trois jours plus tard, les forces loyales au régime Assad prennent Qalaat al-Madiq (province de Hama) d'où sont généralement "tirées les roquettes sur Hmeimim", d'après l'OSDH.

- "Armes bannies" -

Le 17 mai, Amnesty International accuse le régime de mener "un assaut délibéré et systématique" contre les hôpitaux et les structures médicales.

L'ONU tire la sonnette d'alarme sur le risque d'une "catastrophe humanitaire". La Russie dément viser des civils.

"L'offensive en cours ne relève pas de la lutte contre le terrorisme" mais d'une "reconquête" de territoires, estime l'ambassadeur français François Delattre.

Le 22, les Etats-Unis font état d'"indications" selon lesquelles le régime aurait mené une "attaque" au chlore le 19 mai. Le 28, Paris affirme disposer d'un "indice sur l'usage de l'arme chimique dans la zone d'Idleb" mais sans "vérification" pour l'instant.

Le 3 juin, Human Rights Watch accuse Damas et Moscou d'utiliser des "armes bannies internationalement", citant des "armes à sous-munitions, des armes incendiaires" et des "barils d'explosifs" largués sur "des secteurs habités par des civils".

- Raids incessants -

Le 15 juin, au moins 45 personnes, dont dix civils, sont tuées dans des raids et des combats. Le 20, les bombardements visent une ambulance à Maaret al-Noomane, tuant 20 civils, dont trois secouristes.

A la mi-juillet, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dénonce les bombardements visant des "installations médicales et des travailleurs médicaux".

La Russie est prise à partie par des membres du Conseil de sécurité. "Le carnage doit cesser", lance le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock.

Le 21, 18 civils dont sept enfants sont tués dans la région d'Idleb dans des raids imputés par l'OSDH au régime et à la Russie. Parmi eux un journaliste citoyen ayant collaboré avec l'AFP. Le lendemain, près de 50 civils périssent, dont 38 sur un marché, dans des bombardements attribués par l'OSDH à l'aviation russe. Moscou dément.

- Avancée -

Le 5 août, après seulement quatre jours de trêve, le régime reprend ses frappes contre la région d'Idleb, après avoir fait état de victimes dans la chute d'obus près de la base russe de Hmeimim.

Le 11, ses forces reprennent la localité d'Al-Habit dans le sud d'Idleb après des combats meurtriers contre le groupe jihadiste HTS et des groupes rebelles. "C'est la première localité reprise par le régime dans la province d'Idleb depuis le début de l'escalade", selon l'OSDH.

Des missiles anti-aériens russes sont tirés contre des drones en provenance du bastion jihadiste au-dessus de la base de Hmeimim.

Le 14, les forces du régime progressent en direction de la ville clé de Khan Cheikhoun, dans le sud de la province d'Idleb. Un avion de chasse est abattu par les jihadistes et son pilote capturé, une première depuis l'escalade des derniers mois, d'après l'OSDH. Le 15, les combats se poursuivent aux abords de Khan Cheikhoun.

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