Des frappes nocturnes imputées à Israël ont tué sept combattants syriens et iraniens en Syrie selon une ONG, l'Etat hébreu fustigeant régulièrement la présence militaire de l'ennemi iranien dans le pays en guerre.

Israël n'a pas revendiqué l'attaque qui a eu lieu jeudi soir peu avant minuit près de la capitale Damas.

Mais l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé de "frappes aériennes" menées par l'Etat hébreu, tandis qu'une source militaire citée par les médias étatiques syriens a évoqué des tirs de "missiles" provenant de l'espace aérien "du Golan syrien occupé".

Depuis le début du conflit syrien en 2011, Israël a mené des centaines de frappes contre des positions militaires du pouvoir de Bachar al-Assad, mais aussi contre ses alliés indéfectibles, l'Iran et le Hezbollah libanais, deux grands ennemis de l'Etat hébreu.

Selon l'OSDH, qui dispose d'un vaste réseau de sources à travers la Syrie, des missiles ont visé "le secteur de l'aéroport de Damas", tuant trois soldats syriens et quatre membres des Gardiens de la Révolution iraniens, armée idéologique de la République islamique d'Iran.

Les bombardements ont visé un "véhicule" sur la route reliant l'aéroport à la banlieue de Sayeda Zeinab, au sud de Damas, ainsi qu'une "cargaison d'armes" peu après l'arrivée d'un avion cargo à l'aéroport, a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Dans la capitale syrienne, un correspondant de l'AFP a entendu de fortes explosions.

Les médias étatiques syriens n'ont pas fait état de victimes. Mais l'agence officielle Sana a indiqué vendredi que la défense antiaérienne avait été activée face à "des cibles hostiles dans le ciel de Damas".

Une source militaire citée par l'agence a rapporté des tirs de "missiles en provenance du Golan syrien occupé" par Israël.

La défense anti-aérienne "a abattu un certain nombre des missiles ennemis avant qu'ils n'arrivent à leur cible", a assuré la source.

- "Transfert d'armes" -

A plusieurs reprises, les dirigeants israéliens se sont publiquement exprimés sur leur campagne en Syrie, martelant que l'Etat hébreu ne laisserait pas le pays en guerre devenir la tête de pont de Téhéran.

Le 6 février, 23 soldats syriens et combattants étrangers avaient été tués lors de frappes israéliennes en Syrie qui ont visé des sites militaires dans la région de Damas et dans le sud du pays.

Et en novembre, l'armée israélienne avait revendiqué une série de frappes aériennes contre des sites militaires des forces gouvernementales et de la force Qods des Gardiens de la Révolution, qui avaient tué 23 combattants parmi lesquels 16 étrangers, selon l'OSDH.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait alors confirmé que la force Qods, chargée des opérations extérieures de la République islamique d'Iran, faisait partie des cibles.

Il avait ensuite accusé l'Iran de préparer des attaques contre Israël, assurant tout mettre en oeuvre pour l'en empêcher.

"Cela inclut les mesures nécessaires pour empêcher le transfert d'armes létales, depuis l'Iran vers la Syrie, que ce soit par voie aérienne ou terrestre", avait martelé le Premier ministre israélien.

Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations antigouvernementales par le régime, la guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts et jeté sur la route de l'exil des millions personnes.

Au fil des ans le conflit a gagné en complexité, notamment avec l'implication de puissances régionales et internationales.

Le principal front de la guerre est aujourd'hui le nord-ouest de la Syrie, où les forces du régime alliées à la Russie tentent de reprendre des régions contrôlées par les jihadistes et des rebelles.