Mauvaise nouvelle pour le tennis: la pandémie de Covid-19, recrudescente et incontrôlée aux États-Unis, a eu raison du tournoi de Washington qui devait marquer la reprise de la saison ATP, menaçant la tenue de l'US Open même si son organisateur réfute tout impact.

"Devant les incertitudes persistantes affectant la planification des événements, la décision a été prise d'annuler le tournoi", ont indiqué mardi matin l'ATP et les organisateurs du Citi Open de Washington, qui devait débuter le 13 août et sonner le retour du tennis professionnel masculin cinq mois après l'interruption de la saison en raison du coronavirus.

Tout en soulignant les vains "mois de travail acharné" de son équipe pour assurer la tenue de l'évènement, son président Mark Ein a expliqué dans le communiqué que "trop de problèmes externes restaient non résolus à 23 jours" du coup d'envoi.

Ce dernier a notamment mis en exergue les "restrictions de voyages" résultant de la fermeture des frontières dans de nombreux pays et aux États-Unis (jusqu'au 1er août au moins) et évidemment "l'évolution inquiétante de la situation en matière de santé et de sécurité".

"Il est décevant qu’en raison de ces temps sans précédent, le Citi Open ne puisse pas se dérouler cette année", a pour sa part déploré Andrea Gaudenzi, président de l’ATP, convenant qu'"il y a encore de gros facteurs en jeu restant hors de contrôle".

- "Aucun impact sur l'US Open" -

Et pour cause, depuis plusieurs semaines la pandémie est repartie plus galopante que jamais aux États-Unis. Selon le comptage de l'université Johns Hopkins, dont les bilans font référence, le nombre total de cas positifs dans le pays depuis le début la pandémie s'élève à plus de 4 millions, le Covid-19 ayant causé la mort de plus de 140.000 personnes.

Une situation extrêmement préoccupante dans le pays le plus touché au monde par le virus, qui a de quoi mettre en péril la tenue du Masters 1000 de Cincinatti et de l'US Open devant se dérouler à huis clos, l'un après l'autre dans la bulle de Flushing Meadows à New York, à partir du 22 août.

Un scénario pourtant balayé d'un revers par la Fédération américaine (USTA), qui a assuré dans un communiqué que l'annulation du tournoi de Washington "n’a aucun impact sur l’US Open ou Cincinnati".

"L’USTA va créer un environnement sûr et contrôlé pour les joueurs et toutes les personnes impliquées dans les deux tournois, ce qui atténuera les risques sanitaires", a promis l'instance, arguant que "cet environnement a été approuvé par l’État de New York et il est également conforme aux normes mises en place par la ville et le gouvernement fédéral".

- Quid de Djokovic et Nadal ? -

"Nous basons nos décisions sur trois principes directeurs: que soient assurées la sécurité et la santé de toutes les personnes impliquées; que l’organisation de ces événements soit dans le meilleur intérêt du sport; que cette décision soit financièrement viable. Nous sommes convaincus que nous sommes en accord avec ces trois principes directeurs", a conclu l'USTA.

Reste désormais à convaincre les stars de la balle jaune de se déplacer à New York dans un mois, quand certains comme Novak Djokovic et Rafael Nadal ont déjà exprimé leurs réticences quant aux conditions prévues à New York et leurs doutes quant au bien fondé même du projet.

"Je ne sais toujours pas si je vais jouer l'US Open", a ainsi déclaré Djokovic, il y a deux semaines au journal serbe Sportski Zurnal.

Le N.1 mondial, qui a contracté début juillet le virus en marge d'un tournoi caritatif qu'il organisait dans les Balkans, a été testé négatif depuis et annoncé qu'il prendrait part en revanche à la saison sur terre battue. "Une participation à Roland-Garros est sûre, Madrid et Rome font aussi partie de mon agenda."

Rafael Nadal a lui d'ores et déjà annoncé sa présence au Masters 1000 de Madrid du 12 au 20 septembre, laissant du même coup planer le doute sur sa participation à l'US Open qui doit se terminer juste avant, le 13.

Le fait est qu'ils n'auront peut-être même pas à se décider, si la pandémie continue de progresser aussi dangereusement en Amérique du nord.