Républicains et démocrates, à couteaux tirés en pleine campagne présidentielle, pourraient s'entendre rapidement sur une première série de mesures avec l'objectif commun d'endiguer l'impact du coronavirus sur l'économie américaine et les dizaines de millions d'employés au statut précaire.

"Je pense que nous sommes proches d'aboutir", a déclaré vendredi le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin vendredi matin à la chaîne CNBC.

L'administration Trump poursuit depuis le début de la semaine d'âpres discussions avec l'opposition démocrate, sur les mesures à adopter.

"Nous allons adopter un texte" vendredi, a déclaré Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, lors d'une courte allocution en début d'après-midi, insistant sur la nécessité de rendre les tests de dépistage accessibles à tous.

Après son passage à la Chambre, contrôlée par les démocrates, le texte devra être examiné au Sénat, contrôlé d'une maigre majorité par les républicains.

Le président a pour sa part annoncé une conférence de presse à 19H00 GMT.

Donald Trump souhaite "un plan de stimulation économique très vaste pour que les Américains qui travaillent dur disposent encore d'argent à dépenser dans l'économie américaine", a encore promis Steven Mnuchin.

Mais comme souvent, le secrétaire au Trésor a été avare en détails. Le président a pour sa part continué à tancer la Banque centrale, qui selon lui n'en fait pas assez, et à promouvoir son moratoire sur la taxe sur les salaires, qui n'a jusque là convaincu ni l'opposition ni les ténors de son propre parti.

M. Mnuchin a insisté: "Certains secteurs vont être particulièrement touchés, c'est sur eux que nous nous concentrons", précisant que l'administration entendait venir en aide en priorité aux petites et moyennes entreprises qui sont les plus vulnérables en raison du ralentissement très fort de l'activité.

"Sur le plan économique, notre toute première priorité, encore une fois, va aux petites et moyennes entreprises", a-t-il indiqué.

La "priorité suivante" est les compagnies aériennes, dont Donald Trump a reçu les PDG jeudi à la Maison Blanche.

Déjà durement affectées en raison des interdictions de vol, elles seront très pénalisées par l'interdiction faite aux Européens d'entrer sur le territoire américain pendant 30 jours à partir de l'espace Schengen, annoncée mercredi par le président et qui prend effet vendredi soir.

"Nous injecterons de l'argent", a promis Steven Mnuchin.

- Problème de "court terme" -

L'accord entre républicains et démocrates devrait également contenir un congé maladie payé, une extension de l'assurance chômage, mais aussi un renforcement des distributions de repas, selon Nancy Pelosi.

Les congés maladie payés ne sont accessibles qu'à une minorité de travailleurs américains, beaucoup étant payés à l'heure. Cela rend la société américaine plus vulnérable à l'épidémie, beaucoup de personnes n'étant pas en mesure d'arrêter de travailler pour rester confinées chez elles.

Steven Mnuchin a néanmoins tenté de rassurer, affirmant que le coronavirus posait un problème économique de "court terme", alors que la situation est cette fois très différente de "la crise financière (de 2008, NDLR), dont on ne savait pas quand elle finirait".

"Mais nous surmonterons cela et l'économie sera alors plus forte que jamais", anticipe-t-il, "l'économie et les marchés seront plus forts, plus tard dans l'année".

Si le président n'est pas content de la Fed, celle-ci n'est pourtant pas restée les bras croisés.

Depuis le début de la semaine, elle a injecté sur le marché monétaire plusieurs milliers de milliards de dollars. Elle a également renoué avec les achats de bons du Trésor, comme elle l'avait fait pendant la crise financière de 2008.

Elle a aussi abaissé la semaine dernière ses taux directeurs d'un demi-point de pourcentage, n'attendant pas pour cela sa prochaine réunion monétaire, une décision qu'elle n'avait plus prise depuis la grande crise.

Sa réunion habituelle doit avoir lieu mardi et mercredi, et les analystes s'attendent majoritairement à ce qu'elle abaisse de nouveau ses taux, peut-être même jusqu'à zéro, afin de rendre le crédit plus abordable et stimuler la consommation.

La Bourse de New York, qui a connu jeudi sa pire séance depuis le krach boursier d'octobre 1987, a rebondi vendredi à l'ouverture.