La CFDT et les salariés-actionnaires de Thales ont réclamé jeudi que leur futur PDG soit issu du groupe, au lendemain de l'annonce de la nomination surprise de leur actuel patron, Jean-Bernard Lévy, à la tête du groupe énergétique EDF.

L'Association du personnel actionnaire de Thales (Apat) "en appelle aux actionnaires de référence du groupe" - et donc à l'Etat et à Dassault Aviation - "pour qu'une candidature interne émerge dans la perspective du remplacement de Jean-Bernard Lévy".

Un point de vue partagé par la CFDT, premier syndicat chez Thales, qui appelle dans un communiqué à "une solution interne" "pour assurer la stabilité du groupe, pour conserver la confiance (...) et ne pas rouvrir les fractures dont il avait souffert sous la direction précédente".

Le syndicat rappelle que "la nomination de M. Lévy, il y a moins de deux ans, avait mis fin à une des crises les plus graves qu?avait eu à traverser le groupe".

Fin 2012, les syndicats de Thales avaient réclamé le départ du PDG, Luc Vigneron, après avoir rompu toute relation avec lui pendant plus de deux mois. Ils évoquaient "une perte de confiance", critiquant les méthodes de management et les orientations stratégiques. Deux semaines plus tard, M. Levy a remplacé M. Vigneron à la tête du groupe.

"Nommé dans ce contexte, M. Lévy aura réussi à rassurer et à pacifier Thales en renouant le dialogue social, en remobilisant la chaine de management, en constituant une équipe de direction cohérente et en rétablissant une politique commerciale", assure le syndicat.

L'association des salariés actionnaires qui affirme fédérer 3% du capital de Thales, loin derrière les pouvoirs publics (36,6%) et Dassault Aviation (29,1%) a également salué le travail réalisé par M. Lévy, mais désapprouvé la manière dont l'annonce de son départ a été réalisée.

Elle "ne reflète nullement ce que devraient être les règles de bonne gouvernance d?un groupe international coté, notamment quant au respect des actionnaires minoritaires en particulier", fait-elle valoir.

L'Apat exprime aussi "sa très vive préoccupation face à une annonce aussi soudaine qui ouvre la porte aux interprétations les plus diverses, comme celle d'une énième réorganisation de Thales ou, dans un contexte de restriction budgétaire mais également de grandes man?uvres au sein de l'industrie de défense, d'une tentative de déstabilisation du groupe".

L'Apat affirme fédérer quelque 3.000 personnes et est majoritaire au sein du conseil de surveillance du Fonds commun de placement qui gère la participation des salariés au sein de Thales.

Le groupe Thales, ex-Thomson-CSF, un des fleurons de l'industrie de la défense et des hautes technologies françaises, est présent dans les domaines civils et militaires. Il emploie 68.000 salariés, dont la moitié en France.