Le Danois Jakob Fuglsang a remporté samedi le Tour de Lombardie, la deuxième grande classique de sa carrière, mais la 114e édition de la course italienne restera surtout dans les mémoires pour les images très impressionnantes de la chute du Belge Remco Evenepoel.

L'accident a eu lieu dans la rapide descente suivant l'ascension du terrible mur de Sormano, à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée à Côme.

Présent dans le groupe de sept alors en tête, mais très légèrement décroché après une accélération de Vincenzo Nibali, Evenepoel a commis une petite erreur de trajectoire à l'entrée d'un pont en pierre.

Son vélo a heurté un petit décrochage du muret et s'est bloqué. Le jeune Belge (20 ans), plus grand espoir du cyclisme mondial, est passé au-dessus de sa machine, sa tête semblant toucher le muret, et il est tombé en contrebas, d'une petite dizaine de mètres.

Son équipe, Deceuninck-QuickStep, a donné des premières nouvelles apparemment rassurantes. "Il est à l'hôpital de Côme, où il est conscient et son état est contrôlé par l'équipe médicale", a tweeté l'équipe belge. La télévision publique italienne Rai a évoqué pour sa part "des contusions à une jambe".

- Immense peur pour Evenepoel -

Des images prises par un photographe de l'AFP quelques minutes après l'effrayante bascule du jeune champion le montrent en effet conscient et grimaçant, le visage très blanc mais sans blessures apparentes.

Il a été rapidement pris en charge par des médecins et son directeur sportif Davide Bramati et un mécanicien de l'équipe qui étaient à ses côtés.

La télévision a ensuite montré comment le coureur a été remonté sur la route, minerve autour du cou et sur un brancard, au milieu des branchages et sur un raide sentier de terre.

La peur a tout de même été immense pour Evenepoel, qui participait en Lombardie à son premier "monument" avec l'ambition de le gagner, comme il a tout gagné depuis le début de saison.

Dans la montée du Ghisallo, c'est d'ailleurs son équipe qui a dicté le rythme, alors que lui grimpait assis sur sa selle, visage impavide.

Avant ces premières difficultés, le peloton était parti de Bergame, où il a observé une minute de silence en mémoire des victimes du coronavirus, qui a fait plus de 16.000 morts en Lombardie, l'une des zones les plus durement frappées de la planète.

Les coureurs ont traversé Nembro ou Alzano Lombardo, des villages dont les Italiens ont trop souvent entendu les noms quand la pandémie y faisait des ravages.

- Nibali impuissant -

Ensuite, la "classique des feuilles mortes", courue cette année en pleine chaleur du mois d'août, a fait parler son parcours.

Après la chute d'Evenepoel, six hommes sont restés en lice pour la victoire. Nibali avait avec lui deux équipiers de la Trek-Segafredo, le vainqueur de l'an passé Bauke Bollema et Giulio Ciccone.

Cela n'a pas suffi et la victoire s'est jouée entre les trois autres, le Néo-Zélandais George Bennett (Jumbo-Visma) et deux représentants d'Astana, Fuglsang et le jeune champion de Russie Aleksandr Vlasov.

Dans la dernière difficulté, la montée de San Fermo della Battaglia, Bennett, vainqueur mercredi du Gran Piemonte, a accéléré. Mais Fuglsang a contré.

Le Danois de 35 ans a vite creusé un écart important et il s'est imposé en solitaire sur les rives du Lac de Côme, ajoutant un deuxième monument à sa collection, après Liège-Bastogne-Liège l'an dernier.

"Il faisait chaud et ça a roulé très vite. J'ai eu de la chance d'avoir Vlasov qui m'a beaucoup aidé. Après le Civiglio, j'ai pensé que ça serait un sprint avec George. Mais sur San Fermo j'ai essayé. Et quand j'ai vu que j'étais seul, j'ai continué à appuyer, jusqu'à la ligne", a raconté le Danois.