Secrets du cosmos ou physique quantique de l'infiniment petit? La saison des Nobel se poursuit mardi avec le prix de physique, après le couronnement de trois découvreurs de l'hépatite C en médecine lundi.

La prestigieuse récompense, remise pour la 114e fois, doit être attribuée à 11H45 (09H45 GMT) à Stockholm.

L'image avait fait le tour du monde en avril 2019: le premier "trou noir" directement immortalisé, produite par le projet Event Horizon Telescope. Son directeur, l'astrophysicien américain Shep Doeleman, de même que l'Allemand Heino Falcke, pourraient se voir récompenser pour leurs travaux sur le sujet.

Selon l'institut spécialisé Clarivate, qui chaque année pronostique de possibles lauréats, le Nobel de physique pourrait aussi aller à un trio d'autres experts de l'espace.

Le Mexicano-Britannique Carlos Frenk, l'Argentin Julio Navarro et le Germano-Britannique Simon White sont pressentis pour leurs recherches sur la formation et l'évolution des galaxies, la structure cosmique et les halos de matière noire.

En 2019, le Nobel de physique avait distingué trois cosmologues, le Canado-Américain James Peebles, qui a mis ses pas dans ceux d'Albert Einstein pour éclairer les origines de l'univers, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz qui, les premiers, ont révélé l'existence d'une planète en dehors du système solaire.

Selon les experts, le Nobel pourrait aussi quitter l'espace pour un autre domaine de forte progression de la science, cette fois dans l'infiniment petit: la physique et l'informatique quantiques, utilisant des propriétés surprenantes de la matière à l'échelle de l'infiniment petit.

L'Américain Peter Shor, qui a ouvert la voie aux actuelles recherches sur les calculateurs quantiques, pourrait ainsi décrocher le prix, selon la radio publique suédoise SR.

Alain Aspect, mondialement connu pour avoir le premier mis en évidence en 1982 l'intrication quantique -- une propriété fondamentale de la discipline -- pourrait être également récompensé. Ce qui apporterait un quinzième prix Nobel de physique à la France.

Trois femmes seulement ont remporté le Nobel de physique depuis 1901, pour 209 hommes.

- Près d'un million d'euros -

Si les prix Nobel vont bien être annoncés comme prévu cette semaine, le coronavirus a entraîné l'annulation de la cérémonie physique de remise des prix, le 10 décembre à Stockholm.

Les lauréats, qui se partagent près d'un million d'euros pour chaque discipline, recevront leur prix dans leur pays de résidence.

Lundi, le prix de médecine a confirmé l'écrasante domination des Américains dans le palmarès des Nobel scientifiques en primant Harvey Alter et Charles Rice, aux côtés du Britannique Michael Houghton, pour leur rôle dans la découverte du virus responsable de l'hépatite C.

Suivra mercredi la chimie, où une découverte biomédicale majeure pourrait être récompensée: les "ciseaux Crispr", permettant de couper un gène précis, mis au point par la Française Emmanuelle Charpentier et l'Américaine Jennifer Doudna. Un autre pionnier du séquençage des gènes, l'Américain Leroy Hood, pourrait être consacré, selon la radio suédoise SR.

Autres nobélisables: les nanocristaux, de même que les travaux des Américains Harry Gray, Richard Holm et Stephen Lippard sur le rôle des ions métalliques en biologie.

Le prix de littérature, évènement le plus attendu du grand public avec la paix le vendredi à Oslo, sera lui annoncé jeudi par l'Académie suédoise.

Les critiques interrogés par l'AFP ont évoqué une quinzaine de nobélisables, avec des profils allant de l'Américano-Caribéenne Jamaïca Kincaid à l'Albanais Ismaïl Kadaré en passant par la Canadienne Anne Carson ou le Français Michel Houellebecq.

Seule récompense non prévue par le fameux testament de l'inventeur suédois, le prix d'économie "à la mémoire d'Alfred Nobel", créé en 1968, clôturera la saison lundi prochain.