Les sénateurs américains tardaient mardi à présenter un accord sur un plan majeur de relance de la première économie mondiale, durement frappée par la pandémie de coronavirus, mais l'optimisme entourait toujours les négociations intenses avec le gouvernement de Donald Trump.

Après quatre jours de tractations ardues pour élaborer ce qui devrait être le plus gros plan de relance jamais approuvé par le Congrès, le président américain l'a appelé à "agir immédiatement".

"Plus cela prendra de temps, plus il sera difficile de redémarrer l'économie. Nos travailleurs vont souffrir", a-t-il tweeté.

Les sénateurs républicains, démocrates et la Maison Blanche sont engagés dans des discussions pour parvenir à un accord sur ce gigantesque plan de relance qui pourrait mobiliser près de 2.000 milliards de dollars, alors que la première économie mondiale est probablement déjà entrée en récession.

Dimanche, puis lundi, les sénateurs démocrates ont rejeté des motions qui auraient permis un vote rapide sur le plan de relance, arguant que ce dernier était encore en négociations.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, émissaire de la Maison Blanche sur ce dossier, orchestrait encore mardi les tractations.

Aucun nouveau vote n'avait été programmé en fin d'après-midi, mais l'optimisme ambiant a fait rebondir Wall Street mardi, qui a pris quelque 10% juste avant la clôture.

- "Prochaines heures" -

Le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell a déclaré mardi matin que la chambre haute était "très près" d'un texte qui intégrerait des propositions démocrates.

Les mesures incluent des aides directes versées aux Américains, des prêts pour les petites entreprises et pour les poids lourds de l'économie, dont le secteur aérien, ainsi que plus de moyens pour les hôpitaux américains, a-t-il énuméré.

Le chiffrage reste toutefois encore flou, aucun texte n'ayant été publié depuis sa première proposition, jeudi.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a affirmé, dans la matinée également, que les derniers obstacles à l'accord pourraient être surmontés "dans les prochaines heures".

Echaudée par les excès des bénéficiaires du plan de sauvetage de la crise de 2008, l'opposition réclame notamment à l'administration Trump une supervision accrue des prêts accordés aux grandes entreprises en plus du versement des salaires intégral, pendant plusieurs mois, aux employés mis au chômage technique et encore plus de moyens pour les hôpitaux.

Le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a appelé mardi le Congrès à avancer au plus vite.

"Si nous obtenons ce plan, nous préparerons le terrain pour un bon rebond (de l'économie américaine, ndlr) dans la deuxième moitié de l'année", a-t-il déclaré à des journalistes.

Lorsqu'il aura été voté au Sénat, le plan de relance devra encore être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant de pouvoir être promulgué par le président républicain. Il est donc impératif que tous s'accordent dès maintenant.

Donald Trump a indiqué que les mesures ébauchées ce week-end lui avaient plu, jusqu'à ce que la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, fasse circuler une contre-proposition avec des clauses concernant notamment l'environnement.

"Il y avait des choses terribles là-dedans", a-t-il déclaré sur Fox News en évoquant des éoliennes. "J'ai dit +je ne signe pas cela+".

Mme Pelosi a reconnu mardi que son parti aimerait notamment limiter les émissions de gaz à effet de serre des compagnies aériennes "si nous leur donnons des milliards de dollars".

Mais elle a semblé ouverte à faire approuver à la Chambre le texte qui serait adopté au Sénat, si celui-ci incluait assez de grandes priorités des démocrates. Et a fait un appel du pied aux plus réfractaires de son groupe parlementaire:

"Nous en voudrions plus. Nous pouvons en garder une partie pour un autre jour", a-t-elle déclaré sur CNN.

Elle a confié espérer que le texte pourrait être adopté à l'unanimité, ce qui éviterait de faire rentrer à Washington tous les parlementaires.

La pandémie touche en effet aussi le Congrès, avec trois parlementaires testés positifs au coronavirus et au moins une dizaine en isolement volontaire.

Les Etats-Unis comptaient mardi après-midi 674 morts et plus de 51.000 cas officiellement déclarés de Covid-19, selon l'université Johns Hopkins, qui fait référence.