Les milles défilent derrière Yannick Bestaven. Toujours leader du Vendée Globe, il étire son avance sur ses poursuivants pour s'offrir un "petit matelas" pour le nouvel an puis le passage du cap Horn prévu ce week-end.

Le Rochelais à la barre de son Maître Coq IV, qui file à plus de 21 nœuds ces dernières heures (39 km/h environ, ndlr) le long de la zone d'exclusion antarctique (ZEA), reste toutefois sous la menace et forte pression de son poursuivant immédiat Charlie Dalin (Apivia), à seulement 147,8 milles (environ 273,7 km) au point de 18h00 (17h00 GMT).

"Vingt nœuds de moyenne, c'est beaucoup, surtout que nos +petits+ foilers ne sont pas très agréables dans ces conditions. Mais c'est sympa de faire des milles !", apprécie enfin Bestaven après 53 jours de course marqués par plusieurs zones de vent faible.

Concentré sur sa course, le marin, qui a grandi à Arcachon, n'a prévu ni huîtres ni agapes particulières pour la Saint-Sylvestre, une "soirée comme les autres", annonce-t-il.

"La nouvelle année ne va pas changer ma façon de naviguer ou la météo à venir !" confie le skipper.

Mais elle pourrait être porteuse de bonnes nouvelles tant Bestaven a creusé l'écart ces dernières heures sur Damien Séguin à bord de Groupe Apicil (398,4 milles), qui a ravi au cours de la nuit passée la troisième place à Thomas Ruyant, dont le LinkedOut, plus au nord, est englué dans un passage de front.

"Tant mieux si je peux me faire un petit matelas d'avance avant de remonter l'Atlantique plus peinard", savoure, à défaut de ripaille, Bestaven.

A l'approche du cap Horn, l'ambiance est plus morne à bord du LinkedOut de Thomas Ruyant, privé d'un foil depuis une avarie il y a un mois. Désormais quatrième, il accuse 413,6 milles de retard sur la tête de la flotte.

"Je suis en plein dans un passage de front (...). Ça prend un peu plus de temps que prévu, regrette-t-il. Mais j'y arrive tout doucement."

Leader à la mi-décembre, malgré la perte de son foil bâbord qui lui fait perdre 20% du potentiel de son navire, Ruyant avait perdu le contact avec Bestaven après une voie d'eau l'ayant contraint à l'arrêt.

"J'ai toujours l'impression de courir après le petit +timing+ qu'il me manque pour être du bon côté de ce qu'il se passe. C'est comme ça, je m'accroche", philosophe le skipper nordiste, qui effectue son deuxième Vendée Globe.

Il s'estime toujours dans la course face au néophyte Bestaven, qui reconnaît n'avoir "jamais passé autant de temps en mer".

"La course est encore longue, rappelle Ruyant. La remontée de l'Atlantique sera aussi pleine de rebondissements".