Grâce à un choix payant, Yannick Bestaven (Maître Coq IV) garde la tête du Vendée Globe dimanche et a accru son avance sur son principal poursuivant, Charlie Dalin (Apivia), maintenant distancé de 81,4 milles (151 km).

En allant chercher une dépression très au nord, Yannick Bestaven peut désormais glisser vers le cap Horn, troisième et dernier cap de ce tour du monde en solitaire, plus au sud de sa trajectoire, tout en respectant la Zone d'exclusion antarctique.

Charlie Dalin, de son côté, est contraint de jouer avec la limite de la même zone interdite, ce qui risque de lui coûter encore plus de temps sur le leader.

Seulement 9e au pointage de 18h00 samedi, Thomas Ruyant a effectué une manœuvre similaire à Bestaven, en allant chercher la dépression au nord. Grâce à cette bonne opération, il a doublé le peloton de chasseurs, et remonte à la 3e place.

"Ca va mieux qu'il y a deux-trois jours", se réjouit, le marin de 39 ans. "Il y a quelques jours, la stratégie était assez peu claire, assez peu fiable. Avec un régime anticyclonique comme ça, c'est dur d'avoir une vision très précise. Ma route Nord a été dictée par la bulle anticyclonique. C'était une route obligatoire à la vue de ma position, je n'avais pas trop d'autres choix que de monter là-haut", explique Ruyant, à 332,2 milles (615 km) de Bestaven.

- Huit marins en 130 milles -

Derrière le trio de tête se tient une meute de huit marins en mois de 130 milles (près de 210 km), emmenée par le doyen de la course, Jean Le Cam et son bateau sans foils (Yes we Cam !) et Damien Seguin, au coude à coude.

En queue de peloton, Louis Burton, qui participe à son troisième Vendée Globe. Longtemps sur le podium, le Malouin avait dû ralentir la semaine dernière pour faire des réparations au niveau du mât, au sud de la Tasmanie.

"Ça fait super plaisir de voir que mes réparations de l'île Macquarie tiennent: cela valait le coup de se battre! C'est une sorte de cadeau de Noël, car c'est très positif pour moi: j'ai pu me rapprocher du groupe des chasseurs", se félicite Burton.

"Ma stratégie maintenant, c'est d'arriver à me maintenir dans le pack jusqu'au cap Horn. Il y aura plus d'opportunité dans l'Atlantique Nord et Sud!", prévient le skipper de 35 ans, ajoutant ne plus vouloir "prendre le risque d'aller dans des situations +chaudes+ si (il peut s)'en passer".

Avec si peu d'écart entre les concurrents et l'arrivée d'un vent portant, le suspense reste entier dans le Pacifique.

De son côté, Alan Roura, qui pointe à la 15e place, a réussi à réparer son système de quille hydraulique, victime d'une fuite, et a repris sa route.