Yannick Bestaven poursuit sa route en tête du Vendée Globe dans des conditions météorologiques compliquées lundi par une pluie incessante, toujours devant ses poursuivants Charlie Dalin et Thomas Ruyant.

Dans le sillage de l'homme de tête, qui fête ses 48 ans ce lundi, et sous des trombes d'eau, les deux skippers français sont fidèles au poste.

Dalin (Apivia) navigue désormais à 153,4 (284 km) de Bestaven (Maître Coq IV), devant Ruyant, à 278,2 milles du leader (515 km).

Thomas Ruyant (LinkedOut) semble donc avoir récupéré des efforts consentis ce week-end pour rattraper le retard concédé lors d'une dégringolade qui l'avait vu chuter jusqu'à la dixième place.

Le trio de tête file vers le Cap Horn, à la pointe Sud du continent américain, qu'il devrait franchir le 2 janvier si son avancée se poursuit au même rythme.

Le quotidien des navigateurs est pour l'instant compliqué par le froid glacial auquel ils sont soumis, alors même qu'ils longent la zone d'exclusion antarctique sous une pluie drue, rendant l'humidité omniprésente à bord.

Mais la course pour la victoire finale ne se résume pas à ces trois hommes, à quelques jours de l'entrée dans l'Atlantique sud: un peloton de poursuivants tient le choc, extrêmement resserré, avec sept skippers en une peu plus de de 70 milles (113 km).

Damien Seguin (Groupe Apicil) s'accroche au pied du podium, tout en se méfiant de l'Allemande Isabelle Joschke, 44 milles (81 km) derrière lui, qui grappille petit à petit des places pour se retrouver cinquième.

Jean Le Cam, troisième samedi, a rétrogradé à la sixième place, mais reste en embuscade du haut de ses 61 ans, à bord de son bateau sans foils, ces appendices latéraux qui permettent de s'élever au-dessus de l'eau pour prendre de la vitesse.

- Peloton resserré -

Tout ce petit monde pourrait même revenir complètement dans le jeu à la faveur des prévisions météorologiques des prochains jours, plus favorables aux retours par l'arrière qu'aux échappées par l'avant.

En queue de peloton (10e), Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) bataille avec les réparations qu'il doit effectuer, et a même dû monter sur son mât dimanche à cause d'une voile déchirée.

"Il n'y a plus qu'à réparer, mais j'ai aussi pas mal d'autres galères. Ça a pas mal enchaîné, ça m'a mis un coup au moral. (...) J'ai une bonne liste de trucs à faire mais je suis toujours en direction du Cap Horn, c'est le principal. J'ai repris un peu de vitesse, je me suis remis dans la course", a-t-il expliqué en visio-conférence lundi matin.

Plus loin derrière, Jérémie Beyou confirme qu'il peut nourrir des regrets, lui qui faisait figure de favori au départ des Sables d'Olonne: il avait dû faire demi-tour pour réparer une avarie lors des premiers jours de mer et était reparti avec neuf jours de retard sur ses concurrents.

Il pointe désormais à la 18e place, reprenant un à un les autres skippers, et atteindra rapidement les longitudes de la Nouvelle-Zélande.