Partis des Sables d'Olonne il y a deux mois pour un tour du monde en solitaire, vingt-sept skippers sont toujours en course mercredi et la moitié d'entre eux a franchi le fameux cap Horn pour se lancer dans la remontée de l'Atlantique, Yannick Bestaven en tête.

Bestaven (Maître Coq IV), qui a pris les commandes du Vendée Globe le 16 décembre pour pratiquement ne plus jamais les quitter à l'exception du jour de Noël, a porté son avance à mi-journée sur son dauphin Charlie Dalin (Apivia) à 245 milles nautiques (453 km), alors qu'il a choisi une route nord pour contourner un anticyclone.

Derrière le tandem de tête, Damien Seguin (Groupe Apicil), premier sportif paralympique à faire la course autour du monde en solitaire, a lui aussi choisi de passer par le nord. Mercredi au petit matin, il est passé devant Thomas Ruyant (LinkedOut) pour se classer troisième.

"La situation est très complexe", a commenté le référent météo du Vendée Globe, Christian Dumard. "Il y a l'anticyclone et après une dépression qui s'est formée au nord. Il va y avoir encore quelques jours avec des situations complexes. La course est loin d'être finie".

Les skippers du groupe de tête abordent le dernier tronçon de la course, qui a débuté après le passage du cap Horn, derniers des trois caps symboliques de la course, qui clôture les mers du sud.

Mercredi, Armel Tripon (L'Occitane en Provence) a été le treizième concurrent à le franchir.

- 'Dingue ! Magnifique !" -

"C’était extraordinaire. Il faisait nuit, j’étais dans le bateau, je me faisais un café et quand le jour a commencé à se lever le cap Horn a surgi devant moi avec le phare, le caillou… C’était incroyable, c’était dingue, magnifique, plein d’émotions !", a raconté le marin lors d'une vacation avec le PC course.

"Ça remue beaucoup de choses, c’était vraiment un beau moment. Il n’y avait pas beaucoup de vent alors j’ai pu en profiter. C’était une joie énorme, je n’arrêtais pas de rire, c’est un rêve que j’ai depuis 25 ans avec deux potes. Il y en a un qui est parti malheureusement. Et l’autre pote, on y retournera peut-être ensemble !", a-t-il poursuivi.

Auparavant, Benjamin Dutreux (OMIA - Water Family), qui participe également pour la première fois au Vendée Globe, était tout aussi émerveillé en passant le cap en cinquième position, mais après coup.

"C’était un moment assez ouf ! J’étais assez stressé, je n’ai pas savouré tout de suite car les conditions étaient dures, il fallait être bien concentré. C’est ouf d’avoir traversé trois océans et la cerise sur le gâteau, c’est la position à laquelle je passe ce cap", a-t-il dit.

Jeune bizuth aussi, Maxime Sorel (V And B Mayenne) n'a pas vraiment eu le temps d'apprécier.

"J'ai fait une petite galipette juste avant de passer le cap Horn, mon pilote a décroché, le bateau s'est couché du mauvais côté, là où il y a cinq tonnes de matos. Il y avait une houle de 5 à 7 mètres, les vagues s'écrasaient sur le bateau, c'était assez difficile de le redresser", a expliqué Sorel, passé en huitième position.

Mercredi à la mi-journée, il restait encore quatorze navigateurs dans le Pacifique.