Après l'abandon samedi de l'Anglaise Samantha Davies, il reste 28 bateaux en course dans le Vendée Globe mené par Charlie Dalin (Apivia), qui a encore creusé l'écart.

Sur une mer "désordonnée, avec des vents de 30 à plus de 40 nœuds", Dalin repousse encore son plus proche poursuivant, Thomas Ruyant (LinkedOut), à 232,9 milles (431,4 km) au pointage de samedi soir.

Louis Burton (Bureau Vallée) s'accroche à la troisième place, 40 milles derrière Ruyant.

La flotte s'étale samedi sur 3.700 milles (près de 6.000 km), Jérémie Beyou (Charal), contraint de revenir aux Sables d'Olonne pour réparer, fermant la marche, dans le sillage de Sébastien Destremau (Merci).

Après l'abandon de l'Anglaise Samantha Davies, (Initiatives-Cœur), annoncé samedi midi, le cinquième depuis le départ le 8 novembre, il reste 28 bateaux en course.

A la suite de "la violente collision survenue mercredi soir au niveau de la quille d'Initiatives-Cœur, Sam Davies ne peut assurer seule en mer les réparations et les vérifications pour poursuivre sa course en sécurité", a expliqué son équipe.

A la suite de ce choc avec un Ofni (objet flottant non identifié), la Britannique avait dès mercredi mis le cap sur Le Cap pour d'abord évaluer les dégâts en mer. Avant de se résoudre à réparer à terre, même si elle espère reprendre la mer pour achever son tour du monde, hors course.

"Malheureusement, je ne peux pas réparer toute seule, il y a trop de dégâts, notamment dans la quille, il faut sortir le bateau de l'eau, a expliqué Davies. C'est trop dangereux d'entamer les mers du Sud avec toutes ces inconnues. Il faut vraiment tout inspecter."

Ce tour du monde devant se faire "sans assistance", l'aide qu'elle obtiendra dans la marina sud-africaine la mettra de facto hors course.

Mais pas question pour autant de poser les valises.

- "Faire le tour du monde" -

"La course s'arrête mais j'espère que l'aventure ne s'arrête pas. J'ai toujours dit que ma mission était de faire le tour du monde sur ce bateau. Si je peux remettre le bateau en état et repartir, je suis motivée pour le faire", a ajouté celle qui occupait la 12e place au moment du choc.

"Le Vendée Globe, c'est une aventure énorme. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour ceux qui ont fini hors course. Isabelle Autissier, mais aussi Enda (O'Coineen, NDLR), je pense que c'est la dernière personne qui a fait ça, bien longtemps après Nick Moloney suite à un accident de quille, qui a fini hors course un an plus tard. Si je peux faire partie de ces aventuriers, j'en serai, même si ce n'est pas facile parce que je suis une compétitrice avec un super bateau", a-t-elle ajouté.

La descente de l'Atlantique a déjà fait pas mal de dégâts, notamment chez les bateaux "dernière génération" équipés de foils (grands appendices latéraux), avec les abandons de Nicolas Troussel (Corum L'Epargne), Alex Thomson (Hugo Boss), Kevin Escoffier (PRB) et Sébastien Simon (Arkéa Paprec), vendredi.

Au Cap, Davies pourra toutefois se remonter le moral avec le Gallois Thomson et Simon. "On va pouvoir se raconter nos anecdotes. J'ai eu des messages de Sam (Davies, ndlr) qui était désolée pour moi. On s'est dit qu'on allait pleurer autour d'une bière", a expliqué Simon au journal Le Figaro.

Si elle repart, l'Anglaise suivra les sillons de son compagnon, le Français Romain Attanasio (Pure-Best Western) qui pointait à la 12e place samedi soir à l'entrée dans l'Océan Indien.