Au terme d'un sommet marathon, les dirigeants européens sont parvenus mardi à un accord sur un plan de relance massif, face à la récession sans précédent qui menace le Vieux continent, provoquée par la pandémie de coronavirus qui continue ses ravages sur le continent américain.

Signe que la situation ne fait qu'empirer aux Etats-Unis, le pays le plus endeuillé au monde avec 140.900 décès, Donald Trump doit reprendre mardi ses conférences de presse quasi quotidiennes sur l'épidémie.

A l'aube, après plus de quatre jours et autant de nuits de discussions parfois tendues, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne s'étaient finalement entendus sur les modalités d'un plan de 750 milliards d'euros destiné à venir en aide à leur économie, fondé pour la première fois sur un endettement commun.

"Deal !", a tweeté le président du Conseil européen Charles Michel à 03h31 GMT. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a souligné la "réponse à la plus grande crise de l'UE depuis sa création". Dans la soirée, le président français Emmanuel Macron a salué un "jour historique pour l'Europe", "le moment le plus important depuis la création de l'euro".

Fruit d'intenses tractations, l'accord final revoit à la baisse la part de subventions dans le plan de relance, un geste en direction des pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche rejoints par la Finlande).

Le montant de ces subventions a été fixé à 390 milliards, contre les 500 milliards prévus au départ et défendus par Berlin et Paris au nom de la solidarité européenne envers les pays comme l'Italie et l'Espagne, les plus durement touchés par le virus.

Nouvel exemple des effets dévastateurs des plans de lutte contre la pandémie sur les économies, en Espagne près de 15% des bars, hôtels et restaurants -soit 40.000 établissements- ont déjà fermé définitivement, plombés par le manque de touristes ou d'employés de bureau, a indiqué mardi l'organisation patronale représentant le secteur.

L'épidémie qui a fait selon le dernier décompte de l'AFP au moins 610.604 morts et contaminé plus de 14.736.130 personnes dans le monde, continue de progresser.

- Flambée en Floride -

Aux Etats-Unis, plus de 60.000 nouveaux cas de contamination en l'espace de 24 heures ont été recensés pour le septième jour consécutif.

La situation est particulièrement inquiétante dans des Etats du Sud comme la Californie, la Floride ou le Texas. En Floride, il ne restait plus lundi que 18% des lits disponibles dans les services de soins intensifs.

A la peine dans les sondages à bientôt cent jours de la présidentielle et critiqué pour sa gestion de l'épidémie, Donald Trump tente d'inverser la tendance en relançant ses conférences de presse régulières sur la crise sanitaire.

"D'énormes progrès sont réalisés sur les vaccins et les thérapies!!!", a tweeté mardi le président des Etats-Unis, pour donner le ton de son intervention prévue à 17H00 (21H00 GMT).

Le tableau est également toujours sombre en Amérique du Sud, surtout au Brésil, deuxième pays le plus touché dans le monde, où le cap des 80.000 morts a été franchi lundi. Le président Jair Bolsonaro a contracté le virus, tout comme plusieurs membres de son gouvernement, et se trouve en quarantaine.

Les autorités sanitaires en Bolivie font état d'une "escalade très rapide" du virus notamment à La Paz. Dans la capitale, des malades meurent à leur domicile ou aux portes des hôpitaux qui sont saturés, selon des témoignages publiés sur les réseaux sociaux.

- Record en Iran -

La situation sanitaire en Afrique --jusqu'à présent le deuxième continent le moins endeuillé avec plus de 15.000 morts-- suscite également l'inquiétude.

Dans la capitale de Madagascar, Antananarivo, les principaux hôpitaux sont submergés par l'afflux de patients atteints de Covid-19. Les lits commencent à manquer.

A l’hôpital Andohotapenaka, "on ne reçoit plus que des cas graves", a déclaré mardi à l'AFP son directeur, Nasolotsiry Raveloson. "Il ne reste plus que quatre places disponibles" sur un total de 50, a-t-il précisé.

Pour l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Afrique du Sud, qui a dépassé dimanche les 5.000 décès, "risque d'être un précurseur de ce qui va se passer dans le reste de l'Afrique".

Au Moyen-Orient, l'Iran, a annoncé mardi avoir enregistré 229 décès liés au nouveau coronavirus en 24 heures, un chiffre record depuis les débuts mi-février de l'épidémie dans ce pays, le plus touché dans la région.

Dans ce contexte de reprise de l'épidémie ou d'apparition de nouveaux foyers, la question du vaccin s'annonce donc toujours aussi cruciale.

- Lueur d'espoir -

Apportant une lueur d'espoir, les résultats des deux essais cliniques distincts - un britannique et un chinois - ont été publiés lundi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Le premier, réalisé par l'université d'Oxford en partenariat avec AstraZeneca, a généré "une forte réponse immunitaire" dans un essai sur plus de 1.000 patients, tandis que le second, soutenu par CanSino Biologics, a provoqué une forte réaction en termes d'anticorps dans un autre essai chez la plupart des quelque 500 participants.

Aucun des deux projets n'a enregistré d'effets indésirables graves, mais des essais sur un nombre de participants plus important doivent encore avoir lieu, avant d'envisager leur commercialisation.

D'ici là, plusieurs pays renforcent leurs mesures sanitaires, à l'image de l'Autriche où le port du masque sera à nouveau obligatoire vendredi dans les supermarchés, au guichet des banques et à la poste.

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