La Nouvelle-Zélande a annulé l'hommage national aux victimes de l'attaque des mosquées de Christchurch, survenue il y a un an, en raison des craintes liées au coronavirus, a annoncé samedi la Première ministre Jacinda Ardern.

"C'est une décision pragmatique. Nous sommes très tristes de devoir annuler, mais en nous souvenant d'une tragédie aussi terrible, nous ne pouvons pas créer un risque d'autres préjudices", a-t-elle expliqué.

"Le conseil que nous avons reçu pour cet événement est que, sachant que des personnes venaient de différentes parties du pays et de l'étranger, s'il y avait un cas, il pourrait être difficile de retrouver ceux qui sont entrés en contact avec cette personne, et nous adoptons donc une approche prudente", a ajouté la cheffe du gouvernement.

"Le 15 mars est désormais l'occasion pour chaque Néo-Zélandais de réfléchir à sa manière aux événements d'il y a un an", a aussi avancé Mme Ardern.

La cérémonie devait se tenir un an après le massacre du 15 mars 2019, lorsqu'un Australien, suprémaciste blanc revendiqué, avait ouvert le feu sur deux mosquées lors des prières du vendredi, tuant 51 personnes. L'événement de dimanche devait attirer plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup venaient de l'étranger.

Cet Australien, Brenton Tarrant, doit être jugé à partir du 2 juin pour des chefs de terrorisme, 51 homicides et 40 tentatives de meurtre.

Le dévoilement d'une plaque commémorative à la mosquée al-Nour (l'une des deux attaquées), également prévu dimanche, a été reporté par précaution.

"Ce ne serait pas sage de ne pas prendre en compte les conseils sanitaires sur le coronavirus. C'est très inquiétant", a expliqué le porte-parole de la mosquée, Tony Green. "Il suffirait d'un personne infectée et ce serait très difficile de savoir d'où viendrait le porteur du virus".

Six personnes ont été testées positives au nouveau coronavirus en Nouvelle-Zélande, à la date du vendredi.