Une agence américaine a mis en doute mardi l'efficacité revendiquée par AstraZeneca pour son vaccin, un nouveau coup pour le laboratoire déjà sous pression en Europe, alors que le Royaume-Uni rend hommage aux victimes du Covid-19.

Pour les Allemands, le verdict est tombé à l'aube mardi: ils devront passer le week-end de Pâques sous cloche face à une "nouvelle pandémie" provoquée par le variant britannique du coronavirus, jugé plus létal et contagieux.

Alors que le recours au vaccin AstraZeneca est crucial au moment où s'accélère la troisième vague de la pandémie en Europe, un institut américain a lancé un nouveau pavé dans la mare: le laboratoire suédo-britannique a pu utiliser des données "obsolètes" lors de ses essais cliniques aux Etats-Unis.

Selon l'Institut national des maladies infectieuses et des allergies (NIAID), qui supervise des essais cliniques de vaccins aux Etats-Unis, cela peut "avoir abouti à une estimation incomplète de l'efficacité" du vaccin".

L'institut a exhorté le laboratoire AstraZeneca à travailler avec le comité de suivi de l'essai pour "s'assurer que les données les plus précises, les plus récentes et les plus efficaces possibles soient rendues publiques au plus vite".

AstraZeneca avait défendu lundi son vaccin, rejeté par une bonne partie des Européens, affirmant qu'il était efficace à 80% contre le Covid chez les personnes âgées et n'augmentait pas le risque de caillots, après des essais cliniques de phase III menés aux Etats-Unis, avec 32.449 participants.

Le vaccin est efficace à 79% pour prévenir le Covid-19 symptomatique dans la population générale et à 100% pour empêcher les formes sévères de la maladie et l'hospitalisation, avait assuré le laboratoire après ces essais cliniques.

- Plus de 126.000 morts en un an -

Pays le plus endeuillé d'Europe, le Royaume-Uni rend hommage mardi aux victimes de la pandémie, un an jour pour jour après la mise en place du premier confinement dans le pays, en observant une minute de silence à midi au Parlement.

Dans le cadre de cette "Journée de la réflexion", les Britanniques sont également invités à allumer une lumière sur leur pas de porte dans la soirée.

Le pays en est aujourd'hui à son troisième confinement et affiche plus de 126.000 morts washet plus de 4,3 millions de contaminations.

En Allemagne, la décision a été annoncée après près de douze heures de négociations entre la chancelière et les représentants des Etats-régions: la plupart des magasins seront fermés et les offices religieux annulés le week-end de Pâques, du 1er au 5 avril, et les rassemblements, comme la restauration en plein air, seront interdits.

"La situation est grave, très grave. Le nombre de cas augmente de manière exponentielle et les lits de soins intensifs se remplissent à nouveau", a souligné Angela Merkel.

Pire, l'Allemagne est entrée dans une "nouvelle pandémie" en raison de la propagation des nouveaux variants. "Nous avons un nouveau virus (...) il est beaucoup plus létal, beaucoup plus infectieux et contagieux pendant beaucoup plus longtemps", a averti la chancelière.

- Vaccinodromes -

La France, qui a renforcé ses mesures de restrictions pour 21 millions d'habitants ce week-end, a annoncé mardi vouloir mettre les bouchées doubles pour "vacciner massivement": quelques 35 "vaccinodromes" devraient être opérationnels dans les prochains jours.

Parallèlement, les chefs de la diplomatie russe et chinoise ont fustigé mardi la politique des Occidentaux en matière de vaccins contre le coronavirus, se défendant de leur côté de tout "opportunisme" et assurant ne chercher qu'à "sauver des vies".

Ces propos interviennent en pleine période de tensions autour de l'homologation du vaccin russe Spoutnik V dans l'UE, la Russie accusant Bruxelles de ralentir volontairement ce processus. Bruxelles accuse de son côté Moscou et Pékin d'"instrumentaliser les vaccins à des fins de propagande".

Le président russe Vladimir Poutine, 68 ans, a affirmé "avoir l'intention" de se faire vacciner mardi, une annonce longuement attendue alors qu'il avait fait une promesse en ce sens en décembre.

Il n'a toutefois pas précisé s'il se ferait injecter le Spoutnik V, le premier vaccin développé par la Russie.

L'Union européenne reste également divisée sur un durcissement des conditions d'exportation des vaccins fabriqués sur son territoire, une mesure qui devrait cibler AstraZeneca et qui alimente les tensions avec Londres, bien plus en avance dans sa campagne de vaccination.

Les Vingt-Sept, en conflit avec le groupe suédo-britannique pour des livraisons nettement inférieures aux prévisions, se réunissent en sommet jeudi et vendredi.

- "désastre" -

Ailleurs dans le monde, les efforts se poursuivent, avec plus ou moins de succès, pour tenter d'endiguer la pandémie, qui a fait plus de 2,716 millions de morts à ce jour, selon un bilan établi lundi par l'AFP à partir de sources officielles.

L'Ukraine a enregistré mardi un record de décès quotidiens liés au coronavirus avec 333 morts, les autorités reconnaissant que la situation "s'aggrave" dans le pays où la vaccination est très à la traîne.

La campagne de vaccination vire carrément au "désastre" en Italie en raison d'un système de réservation défectueux en Lombardie (nord), la région italienne la plus touchée par la pandémie de coronavirus, ont admis lundi des responsables politiques locaux.

A l'échelle mondiale, l'inégalité d'accès aux vaccins anti-Covid entre pays riches et pauvres "se creuse" et devient "grotesque", a accusé lundi le chef de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dit redouter que le virus ne prenne le monde en otage pendant encore plusieurs années.

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