La justice néerlandaise, saisie par les opposants aux restrictions sanitaires après de violentes émeutes, a suspendu mardi un jugement rendu plus tôt dans la journée annulant le couvre-feu national, en attendant de se prononcer sur le fond, au moment où les gouvernements européens tentent d'endiguer la propagation de variants du coronavirus plus contagieux ou dangereux.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de nouveaux cas de Covid-19 signalés dans le monde a chuté de 16% la semaine dernière pour atteindre 2,7 millions.

Dans sa mise à jour épidémiologique hebdomadaire, l'OMS note également une diminution de 10% du nombre de nouveaux décès signalés par rapport à la semaine précédente.

"Cela montre que de simples mesures de santé publique fonctionnent, même en présence de variants", avait déclaré lundi le directeur général de l'instance de l'ONU, Tedros Adhanom Ghebreyesus, annonçant que le nombre de nouveaux cas avait diminué pour une cinquième semaine consécutive.

"Le feu n'est pas éteint, mais nous avons réduit sa taille", avait-il ajouté. "Si nous arrêtons de le combattre sur quelque front que ce soit, il reviendra en force".

Un quatrième vaccin, celui du géant américain Johnson & Johnson, a été soumis mardi à l'approbation de l'Agence européenne des médicaments, qui devrait se prononcer à la mi-mars sur son utilisation dans l'Union européenne.

- Couvre-feu confirmé -

Pour l'heure, c'est sur le terrain politico-judiciaire que se joue une bataille en Europe, au moment où des pays comme l'Allemagne vont jusqu'à refermer des frontières - pour l'instant avec la République tchèque et le Tyrol autrichien - pour endiguer la propagation des variants.

Un tribunal de La Haye, saisi par des opposants aux restrictions, a jugé mardi que "le couvre-feu est une violation profonde du droit à la liberté de mouvement et à la vie privée", estimant que le gouvernement néerlandais avait abusé des pouvoirs d'urgence et ordonnant que cette mesure soit levée "immédiatement".

Mais dans la soirée, une cour d'appel a suspendu le jugement. "Le couvre-feu est valable, ce soir aussi", a réagi sur Twitter le Premier ministre Mark Rutte.

La cour d'appel a voulu empêcher un "effet yo-yo", a expliqué le juge, en attendant l'audience de vendredi au cours de laquelle la cour doit décider si elle permet au couvre-feu de continuer jusqu'au 2 mars ou s'il doit prendre fin.

Le couvre-feu instauré aux Pays-Bas fin janvier avait mené aux pires émeutes que le pays ait connues depuis des décennies.

Alors que cela fera bientôt un an que les Européens sont confrontés à des mesures sanitaires d'urgence allant, selon les périodes et les pays, du simple port du masque au confinement total, une brèche avait été ouverte la semaine dernière par le Parlement tchèque, qui avait refusé de prolonger l'état d'urgence demandé par le gouvernement.

- "Le désespoir s'aggrave" -

En Italie, la volte-face du gouvernement qui a renoncé lundi à autoriser la réouverture des remontées mécaniques dans les stations de ski, a provoqué l'exaspération.

"C'est un désastre. Ca fait une semaine qu'on dame les pistes pour l'ouverture et qu'on prépare le protocole sanitaire, cette annonce de dernière minute est inadmissible", s'emportait Denis Trabucchi, moniteur de ski de la station Cima Piazzi à Valdidentro, en Lombardie. "On voit des images de foules dans les centres commerciaux qui restent ouverts, alors qu'ici on est en plein air !"

Quant au gouvernement allemand, il est confronté à la grogne des professionnels de l'hôtellerie et des commerces. "Le désespoir s'aggrave", a lancé Guido Zöllick, président de la fédération de l'hôtellerie et de la restauration.

Mais les gouvernements et instances dirigeantes gardent le cap sur la priorité sanitaire.

Dans un courrier envoyé mardi aux 27 Etats membres de l'UE, la Commission européenne les a exhortés à éviter les fermetures de frontières et interdictions générales de voyage. La difficile coordination européenne sur ces restrictions qui entravent la libre circulation dans l'UE sera l'un des sujets chauds du sommet du 25 février.

- Hackers Nord-coréens -

La question des vaccins, déjà teintée de géopolitique avec les succès vantés par le Kremlin du vaccin russe Spoutnik V, est portée sur le terrain du roman d'espionnage avec des révélations citant les services de renseignement de Séoul: des hackers nord-coréens ont cherché à pénétrer les systèmes informatiques du géant pharmaceutique américain Pfizer, producteur du premier vaccin mis sur le marché.

La Corée du Nord, voisine et partenaire d'échanges de la Chine où la pandémie était apparue en décembre 2019, affirme sans convaincre n'avoir connu aucun cas de contamination, quand la maladie a fait plus de 2,4 millions de morts dans le monde.

Le Service national du renseignement (NIS) "nous a informés de ce que la Corée du Nord avait tenté d'obtenir des technologies comprenant le vaccin et des traitements contre le Covid au moyen d'une cyberattaque pour pirater Pfizer", a déclaré à Séoul le député Ha Tae-keung.En juillet, c'est le Royaume-Uni qui s'était dit "absolument sûr" de l'implication de Moscou dans des cyberattaques visant à voler des données sur un vaccin anti-Covid. La Russie avait farouchement nié.

Ailleurs dans le monde, le Mexique soulèvera mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies la question de l'inégalité d'accès aux vaccins contre le Covid-19 dans les pays d'Amérique latine par rapport aux pays producteurs comme les Etats-Unis.