Le vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19 était dans l'oeil du cyclone jeudi, avec la suspension des injections par le Danemark, l'Islande et la Norvège, au moment où l'arrivée dans l'Union européenne d'un quatrième vaccin, celui de Johnson & Johnson, fait espérer une accélération des campagnes d'immunisation.

L'Agence nationale danoise de la Santé, la première à annoncer cette décision, a invoqué la prudence face à des "cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées", même si "à l'heure actuelle, on ne peut pas conclure à l'existence d'un lien entre le vaccin et les caillots sanguins".

Les autorités sanitaires norvégiennes et islandaises ont également invoqué le principe de "précaution".

Le laboratoire anglo-suédois et le gouvernement britannique ont réagi pour défendre un vaccin "sûr" et "efficace".

De son côté, l'Agence européenne des médicaments (AEM) a affirmé que le risque de caillot sanguin n'est pas plus élevé chez les personnes vaccinées, alors que déjà lundi, l'Autriche avait décidé de cesser d'administrer un lot de vaccins du laboratoire après la mort d'une infirmière l'ayant reçu, suivie dans la foulée par l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg, et jeudi par l'Italie.

Dans l'attente des résultats de l'enquête en cours, le régulateur européen a estimé que le vaccin pouvait continuer à être utilisé.

- Un vaccin à injection unique -

L'Union européenne a par ailleurs donné son feu vert jeudi au vaccin à injection unique, le premier de ce type, du laboratoire américain Johnson & Johnson, le quatrième autorisé dans l'UE.

"Plus de vaccins sûrs et efficaces arrivent sur le marché", s'est réjouie la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, rappelant que 200 millions d'Européens pourront être vaccinés grâce à ce nouveau sérum.

Le déploiement de la vaccination est devenu un enjeu majeur alors que le Covid-19 a fait au moins 2.621.295 morts dans le monde, avec plus de 117.982.000 cas diagnostiqués, selon un bilan établi jeudi par l'AFP.

La Commission européenne, qui s'inquiète de "plusieurs points chauds", a annoncé jeudi qu'elle étendait jusqu'à fin juin son mécanisme de contrôle des exportations de vaccins, imposé depuis fin janvier.

- Aux Etats-Unis, message des présidents -

Les autorités sanitaires allemandes ont ainsi fait état d'une forte hausse des infections, s'alarmant du déclenchement d'une "troisième vague".

La France se prépare elle à évacuer des patients de certaines régions pour soulager des hôpitaux débordés, notamment dans la région parisienne.

Elle a cependant annoncé l'assouplissement à partir de vendredi des voyages vers et en direction de sept pays hors-Union européenne, dont le Royaume-Uni ou le Japon, compte-tenu de la circulation déjà très forte du variant britannique dont une étude de la revue médicale BMJ a révélé qu'il était 64% plus mortel que le coronavirus d'origine.

La Pologne a également fait part d'un nouveau record de contaminations.

En revanche, le Portugal présentait jeudi un plan de déconfinement progressif, se targuant d'avoir actuellement "des niveaux de contagion parmi les moins élevés d’Europe".

De l'autre côté de l'Atlantique, le Brésil, où le président d'extrême droite Jair Bolsonaro n'a cessé de minimiser la pandémie et où la vaccination n'a débuté que tardivement, a battu mercredi un nouveau record de décès en 24 heures(2.286). Le pays compte à ce jour 270.656 décès.

"Nous sommes au pire moment de la pandémie au Brésil, le taux de transmission avec les variants rend l'épidémie encore plus grave. L'année 2021 va encore être très dure", a déclaré à l'AFP Margareth Dalcolmo, pneumologue à la Fiocruz, institut de référence en santé publique.

Les Etats-Unis, pays le plus touché au monde avec plus d'un demi-million de décès, ont réalisé déjà plus de 93 millions d'injections, et des commandes ont été passées pour recevoir d'ici fin mai assez de doses pour vacciner l'ensemble des adultes.

Dans une vidéo rendue publique jeudi, quatre anciens présidents américains, Jimmy Carter, George W. Bush, Bill Clinton, Barack Obama, encouragent la population à se faire vacciner.

"Ce vaccin est synonyme d'espoir", y déclare Barack Obama. "Ils vous protégera et protégera ceux que vous aimez".

Le président en fonction Joe Biden doit lui prendre la parole dans la journée. "Je vais parler de toutes les épreuves de l'année écoulée, mais -- et c'est le plus important -- je vais aussi parler de ce qui viendra après", a-t-il dit mercredi, disant voir de "vraies raisons d'espérer"

- Baignade dans le Gange -

En Asie, où le Cambodge a annoncé jeudi son premier mort du coronavirus, la menace du Covid-19 n'a pas empêché des centaines de milliers de pèlerins indiens de se baigner dans le fleuve sacré du Gange à l'occasion d'une importante fête hindoue.

Les autorités de Haridwar, dans l'Etat de l'Uttarakhand (nord), attendent 2,5 millions de personnes pour Maha Shivratri.

"L'Inde a déjà vaincu la maladie et il n'y a aucune raison de s'inquiéter", déclare à l'AFP Nitesh Kumar, un pèlerin de 31 ans.

L'Unicef s'est elle alarmée du sort des enfants et adolescents depuis le déclenchement de la pandémie.

"Le nombre d'enfants affamés, isolés, maltraités, anxieux, vivant dans la pauvreté ou contraints au mariage a augmenté", a déploré sa directrice Henrietta Fore.

La pandémie a aussi empêché l'an dernier 12 millions de femmes d'accéder à des moyens contraceptifs, conduisant à 1,4 million de grossesses non désirées, indique un rapport de l'agence onusienne UNFPA rendu public jeudi.

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