Le port anglais de Douvres a rouvert mercredi mais il faudra plusieurs jours pour desserrer le cordon sanitaire qui entoure le Royaume-Uni depuis la découverte d'un variant du coronavirus, tandis qu'une autre nouvelle souche, en provenance d'Afrique du Sud, inquiète davantage encore.

Les autorités britanniques ont annoncé mercredi avoir identifié deux cas d'un autre variant, "hautement préoccupant" car "plus contagieux", arrivé d'Afrique du Sud, pays avec lequel des restrictions dans les voyages ont été "immédiatement" mises en place.

Cette souche sud-africaine "semble avoir davantage muté que le nouveau variant qui a été identifié au Royaume-Uni", a déclaré le ministre de la Santé britannique Matt Hancock.

Pour la première fois depuis dimanche, des véhicules transportant des passagers ont débarqué au port de Calais (France) en provenance de Douvres, a constaté l'AFP.

Mais autour de Douvres, des routiers polonais bloqués dans l'attente des tests réclamés par les Français laissaient toujours éclater leur frustration.

"Cela fait deux jours que nous sommes ici, sans douche, sans eau à boire, sans rien à manger", s'insurgeait ainsi Patricia Szeweczyk, mère de deux jeunes filles, "fâchée contre la France".

C'est contre les autorités britanniques que Laurent Beghin orientait pour sa part sa colère, rongeant son frein avec l'espoir de pouvoir enfin être testé et repartir vers le nord de la France, où il habite.

"Je l'ai dit à mon patron, l'Angleterre, c'est plus la peine qu'il m'y envoie !", s'énerve-t-il. "On a été parqués comme des bêtes".

Selon les autorités britanniques, il y avait mercredi 3.800 camions coincés à Manston et près de 1.250 autres ailleurs dans la zone portuaire.

Or il faudra "quelques jours" pour désengorger cette dernière après l'accord trouvé avec Paris autorisant la reprise des traversées moyennant un test Covid négatif et éloignant la menace de pénuries.

- "Enfin !" -

A condition de s'être fait dépister à temps, des passagers français, mais aussi britanniques résidant en France, profitaient mercredi du rétablissement des liaisons en Eurostar pour rentrer passer Noël en famille.

"J'avais pris un billet lundi, finalement ils l'ont repoussé à aujourd'hui, j'espère pouvoir partir", expliquait à l'AFP, à la gare de Saint-Pancras de Londres, Francesco, 28 ans, qui étudie dans la capitale britannique.

"Enfin !", s'écriait une passagère de l'Eurostar, en larmes dans les bras d'un proche, sur le quai de la Gare du Nord, à Paris. Le train arrivé à 12h47 (11h47 GMT) était le premier en provenance de Londres à entrer en gare depuis deux jours.

La France a autorisé dès mercredi, sous réserve d'un test négatif au variant du Covid, le retour du Royaume-Uni de ses ressortissants et des personnes résidant sur son territoire ou dans l'UE. La Belgique, les Pays-Bas et la République tchèque ont pris des mesures similaires.

- Liaisons coupées -

Côté britannique, les restaurateurs souffrent de la situation, à l'image de Pascal Aussignac, un chef étoilé Michelin installé depuis 22 ans à Londres, et comptaient sur Noël pour se refaire une santé financière après une année calamiteuse pour cause de pandémie.

"J'ai cinquante chapons et canards en attente côté français, ils n'arriveront jamais à temps pour le repas de Noël car on aurait dû les farcir" mardi, explique-t-il à l'AFP. Les restaurants ont dû fermer quasiment du jour au lendemain la semaine dernière en pleine période des fêtes, cruciale.

Une bonne nouvelle côté britannique : les données du vaccin mis au point par l'université d'Oxford et le groupe AstraZeneca ont été soumises au régulateur, ouvrant la voie à une validation, a annoncé le ministre Hancock.

Le Royaume-Uni a déjà approuvé un premier vaccin, créé par Pfizer et BioNTech, envoyé depuis le début du mois chez les personnes les plus vulnérables.

Le Canada, quant à lui, a annoncé avoir autorisé le vaccin Moderna après avoir donné son feu vert au vaccin Pfizer-BioNTech le 9 décembre.

L'Allemagne, qui comme des dizaines d'autres pays a coupé ses liaisons avec le Royaume-Uni, n'a pas annoncé d'assouplissement des restrictions prévues jusqu'au 6 janvier. Idem pour l'Espagne.

En Suisse, où les stations de ski s'apprêtaient à accueillir à bras ouverts les touristes britanniques, les hôteliers sont en plein désarroi face aux annulations en cascade.

- "Réunion d'experts" -

L'OMS Europe organisait mercredi "une réunion fermée d'experts" pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre face au variant du coronavirus.

La campagne de vaccination dans l'UE devrait commencer dimanche. En France, "quelques dizaines" de personnes seront vaccinées dans plusieurs maisons de retraite.

La campagne de vaccination contre le Covid-19 a débuté mercredi en Suisse : une femme de plus de 90 ans dans le canton de Lucerne a été la première à en profiter.

L'Irlande va se reconfiner du 24 décembre au 12 janvier, avec certains assouplissements et des exceptions pour les fêtes de Noël.

Aux Etats-Unis, Donald Trump a rejeté mardi le plan de relance de quelque 900 milliards de dollars voté par le Congrès, le qualifiant de "honte" et réclamant une forte augmentation du montant des chèques envoyés aux familles.

Le président élu Joe Biden a de son côté annoncé qu'il demanderait l'an prochain au Congrès d'adopter un nouveau plan de soutien à l'économie américaine.

Le Mexique a annoncé qu'il entamerait jeudi sa campagne de vaccination contre le Covid-19, une fois arrivé le premier lot de vaccins Pfizer/BioNTech. C'est le quatrième pays le plus endeuillé en chiffres absolus - derrière les Etats-Unis, le Brésil et l’Inde.

La pandémie a fait au moins 1.718.209 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP mercredi. Plus de 77.992.300 cas de contamination ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l'épidémie.

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