L'UE va durcir son contrôle des exportations de vaccins produits sur son sol face à une troisième vague épidémique qui contraint à de nouvelles restrictions, même si l'Allemagne a finalement renoncé mercredi à confiner pour Pâques.

Sous la bronca, la chancelière Angela Merkel a fait volte-face mercredi en reconnaissant une "erreur" personnelle et demandé "pardon" pour avoir tenté d'imposer les fermetures aux commerces et offices religieux.

La veille à l'aube, après douze heures de discussions entre la chancelière et les 16 Etats-régions, Berlin avait décidé de mettre le pays sous cloche pour Pâques. "La situation est grave, très grave", avait souligné la chancelière.

Jugé insuffisante par les scientifiques, la "pause" prévue du 1er au 5 avril était critiquée de toutes parts, des associations de commerçants redoutant l'impact économique aux chrétiens privés de messe de Pâques "en présentiel".

Berlin envisage néanmoins d'interdire provisoirement certains voyages à l'étranger.

L'Europe continue de subir de plein fouet une hausse des contaminations et des hospitalisations dues au coronavirus et ses variants, jugés plus mortels et contagieux.

- "Très grave situation épidémiologique" -

La Belgique a ainsi annoncé un durcissement des restrictions dans les commerces et les écoles la semaine prochaine tandis que la Pologne a enregistré un nombre record d'infections au Covid-19, avec près de 30.000 cas.

Dans ce contexte, l'Union européenne a décidé de réfréner la fuite des vaccins anti-Covid vers d'autres pays, en particulier le Royaume-Uni.

"L'UE fait face à une très grave situation épidémiologique et continue d'exporter des volumes importants vers des pays" produisant leurs propres vaccins ou bien où la vaccination est plus avancée, a déclaré le vice-président de l'exécutif européen Valdis Dombrovskis.

Le mécanisme actuel de contrôle des exportations a été durci pour "garantir" les approvisionnements des Vingt-Sept. Les Etats membres dont les populations sont déjà largement vaccinées ou bénéficient d'une meilleure situation épidémiologique devront ainsi refuser les exportations.

Et alors que le mécanisme de contrôle prévoyait jusqu'alors des exceptions pour des dizaines de destinations (pays à bas revenus, certains Etats voisins de l'UE), toutes ces exemptions sont suspendues, en dehors d'une poignée de micro-Etats.

L'UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni entre le 1er février et mi-mars, mais n'a reçu aucune dose produite sur le sol britannique, alors que le contrat signé par AstraZeneca prévoyait la livraison de doses produites dans deux usines au Royaume-Uni.

"L'Union européenne ne sera pas le dindon de la farce de la vaccination", a mis en garde le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal, estimant qu'AstraZeneca n'a pas tenu ses engagements envers l'UE.

Le durcissement du contrôle des exportations divise néanmoins les Vingt-Sept.

- Pause pour Pfizer en Asie -

Après les mises en causes du vaccin AstraZeneca, en Europe et aux Etats-Unis, c'est celui de Pfizer/BioNTech qui pose problème à Macao et Hong Kong: son utilisation y a été suspendue après la découverte de capsules défectueuses sur un lot.

"Nous avons jeté les flacons lorsque nous avons constaté qu'ils présentaient des défauts avant d'être injectés. Ils n'ont pas été administrés à des habitants", a déclaré la ministre hongkongaise de la Santé Sophia Chan.

Par principe de précaution, la vaccination en cours a été suspendue le temps de l'enquête. De nombreux vaccins sont expédiés sous forme concentrée dans des flacons et sont ensuite dilués avant d'être administrés.

Outre le Pfizer/BioNTech, la population de Hong Kong peut se faire vacciner avec le vaccin chinois de Sinovac baptisé CoronaVac.

Or, avant cet incident de capsules, une clinique hongkongaise a été exclue du programme de vaccination du territoire pour avoir vraisemblablement recommandé aux patients d'opter pour le vaccin Pfizer/BioNTech plutôt que pour le chinois.

Cette sanction illustre à quel point la question du vaccin chinois est sensible pour les autorités hongkongaises, alors que son efficacité est comparativement moins élevée et qu'il a été approuvé en urgence en dépit d'un manque de données publiées.

- Coupons d'achat -

La pandémie a fait au moins 2,73 millions de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mercredi.

Et l'inquiétude monte en Amérique du Sud face à l'explosion des contaminations au Brésil.

En Afrique, la Mauritanie a réceptionné mercredi sa première livraison de vaccin contre le Covid-19, 50.000 doses de Sinopharm données par la Chine.

Ce pays est le dernier en date en Afrique à bénéficier d'un tel don, manifestation de la diplomatie menée par le géant asiatique autour de la mise à disposition de vaccins.

En Chine justement, une banlieue de Pékin, Daxing (1,8 million d'habitants) a lancé mercredi une campagne offrant des coupons d'achats à ceux acceptant de se faire vacciner.

Plus de 479 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans au moins 164 pays ou territoires, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de sources officielles mercredi.

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