Moins d'une semaine après le feu vert de l'Union européenne au vaccin Pfizer-BioNtech, plusieurs Etats de l'Union européenne comme l'Italie ou l'Espagne ont commencé dimanche leurs campagnes de vaccination contre le coronavirus, emboîtant le pas à de nombreux autres pays.

Les premières doses de vaccin contre le virus, fraîchement livrées samedi, ont été ainsi injectées en Italie peu avant 08H00 (07H00 GMT) à l'infirmière Claudia Alivernini et la professeure Maria Rosaria Capobianchi, directrice du laboratoire de virologie à l'hôpital Spallanzani de Rome.

C'est "un petit geste, mais un geste fondamental pour nous tous", a commenté Claudia Alivernini. "Je le dis de tout mon coeur: vaccinons-nous. Pour nous. Pour nos êtres chers et pour la collectivité", a-t-elle ajouté devant la presse.

"L'Italie se réveille", a réagi le Premier ministre italien sur son compte Twitter, saluant une date qui "restera à jamais imprimée dans nos mémoires".

La vaccination de masse commencera le 8 janvier, date à partir de laquelle 470.000 doses de vaccin arriveront chaque semaine en Italie, pays de l'Union européenne le plus durement touché par la pandémie de coronavirus avec plus de 71.000 morts et qui s'est reconfiné avant Noël.

Une heure plus tard, l'Espagne emboîtait le pas à l'Italie et c'est Araceli Rosario Hidalgo Sanchez, une pensionnaire de 96 ans d'une maison de retraite de Guadalajara, dans le centre du pays, qui a reçu la première injection.

La petite dame en chemisier blanc, collier de perles et masque FFP2 a confié, dans un sourire, ne "rien" sentir lorsque le vaccin lui a été administré.

Une aide-soignante, Monica Tapias, a ensuite pris place sur le même fauteuil, une fois désinfecté, et a été vaccinée à son tour. "Ce que nous voulons, c'est que la plupart des gens se vaccinent", a-t-elle insisté.

A quelques milliers de kilomètres de là, à Bucarest, la première à avoir soigné en février un patient atteint de Covid-19 en Roumanie, l'infirmière Mihaela Anghel, 26 ans, employée à l'hôpital des maladies infectieuses Matei Bals, devenait la première Roumaine vaccinée.

"Nerveuse" mais "privilégiée", selon ses propres termes, l'infirmière a estimé qu'il s'agissait "du vaccin le moins douloureux" qu'elle ait reçu.

En France, 19.500 doses acheminées à la pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, où des employés masqués portant des gants de protection spéciaux contre le froid (le remède est conservé à -70°C) les ont transféré dans des réfrigérateurs spéciaux, attendent d'être administrées.

Les premiers Français à les recevoir dimanche seront des résidents - volontaires - de deux établissements pour personnes âgées, l'un situé en Seine-Saint-Denis, un département qui a payé un lourd tribut au Covid (près de 1.500 morts), l'autre en Bourgogne-Franche-Comté, une des régions où le taux d'incidence du virus est le plus élevé.

D'autres pays de l'Union Européenne avaient ouvert la marche samedi, comme l'Allemagne, la Hongrie ou la Slovaquie, avec un jour d'avance sur le lancement officiel de la campagne de vaccination.

Une résidente centenaire en Allemagne, une médecin en Hongrie ou un spécialiste des maladies infectieuses en Slovaquie ont été les premiers à recevoir des doses du vaccin.

- Nouveaux cas du variant -

Avant l'UE, de nombreux autres pays avaient démarré leur campagne vaccinale contre le Covid-19, qui a fait au moins 1.750.780 morts et contaminé presque 80 millions de personnes dans le monde, selon les données officielles compilées samedi par l'AFP.

La première à le faire, dès l'été dernier, était la Chine. Et en décembre, la Russie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Chili, entre autres, lui ont emboîté le pas.

Israël, qui doit commencer à vacciner la semaine prochaine, a l'ambition de vacciner le quart de ses 9 millions d'habitants en un mois, selon son Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Et ce alors même que le pays entame dimanche un troisième confinement général, pour une durée d'au moins deux semaines.

Si ces premières injections donnent une lueur d'espoir dans la lutte contre le Covid, des inquiétudes sont nées ces derniers jours après le signalement dans de plus en plus de pays de la nouvelle souche du coronavirus. Le Canada, l'Italie, la Suède, l'Espagne et le Japon sont parmi les derniers pays à avoir détecté ce variant britannique possiblement plus contagieux.

Selon une étude de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, ce nouveau variant est "50% à 74%" plus contagieux que ses prédécesseurs, faisant craindre plus d'hospitalisations et de morts en 2021 qu'en 2020.

Après sa découverte, l'inquiétude avait poussé des dizaines d'Etats à couper leurs liaisons aériennes, maritimes ou terrestres avec le Royaume-Uni, semant la pagaille aux abords de Douvres (sud-est), où des milliers de camions sont restés coincés plusieurs jours.

Le Japon a pour sa part décidé de mettre un terme à toute nouvelle arrivée d'étranger non résident sur son sol à partir de lundi et ce jusqu'à fin janvier.

- Confinement pas exclu en France -

Face à des niveaux de contaminations au Covid-19 jugés préoccupants, plusieurs pays sont de nouveau soumis à des mesures de restrictions, comme l'Autriche qui a confiné sa population samedi, jusqu'au 24 janvier.

Comme l'Italie, l'Irlande s'était reconfinée avant Noël, et des confinements locaux ou de sévères restrictions touchent des millions de personnes au Royaume-Uni.

La France n'exclut pas un troisième confinement en cas d'aggravation de la situation épidémique après les fêtes de fin d'année, a averti le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le Covid-19 a fait au moins 1.750.780 morts et contaminé presque 80 millions de personnes, selon les données officielles compilées samedi par l'AFP.

La pandémie provoquée par le coronavirus ne sera pas la dernière, a prévenu le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un message vidéo marquant, dimanche, la première Journée internationale de préparation aux épidémies.

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