La France doit annoncer jeudi si son déconfinement aura lieu comme prévu le 15 décembre, avant les fêtes de Noël, où s'il est repoussé, à l'heure où la situation sanitaire de l'épidémie de Covid-19 se dégrade en Europe et devient particulièrement "préoccupante" en Allemagne.

Comme chaque jeudi, la conférence de presse de l'exécutif français sur la crise du Covid-19, prévue à partir de 16H00 GMT, sera suivie avec une certaine angoisse par les Français qui se demandent s'ils vont pouvoir passer les fêtes de Noël en famille en se déplaçant d'une région à l'autre.

Depuis le 30 octobre, la France vit un deuxième confinement, après celui du printemps qui avait duré presque deux mois. Lorsque cette décision avait été prise et que le pays comptait 60.000 cas quotidiens, le président Emmanuel Macron avait défini un seuil de 5.000 cas par jour pour pouvoir déconfiner.

- "La courbe baisse moins" -

Or l'objectif s'éloigne un peu plus chaque jour: 14.595 cas positifs ont été enregistrés en France mercredi, selon les chiffres officiels, soit le total le plus élevé depuis le 25 novembre.

"Nous constatons malheureusement que le coronavirus est encore très présent et que la courbe baisse moins", a rappelé mercredi soir le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"Il est possible que l'ouverture des activités culturelles soit reportée", a reconnu un membre du gouvernement, alors que le 15 décembre devait marquer la réouverture des cinémas, théâtres et musées.

- "La situation reste très grave" -

La principale crainte du gouvernement est que la circulation du virus ne soit pas assez basse au moment critique des fêtes de Noël et du jour de l'An, quand les réunions familiales vont se multiplier et faire courir le risque d'un redémarrage de l'épidémie.

L'inquiétude est également forte dans plusieurs pays voisins.

En Allemagne, la hausse du nombre d'infections au Covid-19 est "préoccupante", a estimé jeudi le président de l'institut de veille sanitaire Robert-Koch (RKI).

La situation "a même empiré depuis la semaine dernière", a souligné Lothar Wieler alors que l'Allemagne, dont les autorités s'inquiètent ouvertement de l'évolution de l'épidémie, a enregistré jeudi une augmentation des cas de coronavirus de 23.679 en 24 heures, soit un record, et 440 décès.

Le nombre de morts en une seule journée avait atteint un record mercredi à 590.

L'Allemagne, présentée comme le "bon élève" de l'Europe durant la première vague de la pandémie au printemps, a enregistré depuis l'apparition du virus quelque 1,2 million d'infections, selon les données du RKI.

Face à cette résurgence inquiétante du virus, la chancelière Angela Merkel a appelé mercredi devant les députés à de nouvelles restrictions.

En raison des traditions de Noël fortement ancrées, l'Allemagne s'inquiète des rassemblements devant des stands de vin chaud ou de gaufres à l'approche des fêtes.

En Suisse aussi la situation sanitaire se dégrade et au Luxembourg et en Belgique, les restrictions sont prévues pour durer jusqu'à janvier au moins.

- Transparence -

Aux Etats-Unis aura lieu jeudi un exercice de transparence inédit: pendant une journée en direct sur internet, une vingtaine de spécialistes vont examiner les données du vaccin du duo américano-allemand Pfizer/BioNTech afin de recommander ou non son autorisation.

L'issue ne laisse aucun doute. L'Agence des médicaments (FDA) a déjà jugé le vaccin est sûr et efficace dans une synthèse des données mardi. Mais, accusée d'avoir autorisé en urgence des traitements douteux dont l'hydroxychloroquine sous pression du président Donald Trump au printemps et à l'été, la FDA tient à ne pas donner l'image d'une procédure bâclée ni soumise à autre chose que la plus grande rigueur scientifique.

"La transparence a été excellente, à la fois dans ce qu'a donné Pfizer et dans la synthèse de la FDA", dit à l'AFP Eric Rubin, professeur de microbiologie à Harvard et l'un des 23 membres qui voteront.

Une fois ces étapes franchies, restera à distribuer le vaccin, tâche coordonnée par le gouvernement fédéral et confiée au secteur privé. La ville de New York espère ses premiers lots dès dimanche a indiqué son gouverneur Andrew Cuomo.

Les Etats-Unis demeurent le pays le plus endeuillé au monde avec 289.450 morts.

A l'échelle mondiale, la pandémie a fait au moins 1.570.398 morts et plus de 68,8 millions d'infections depuis fin décembre 2019.

- Vaccins abordables -

Le Canada est devenu mercredi le troisième pays à approuver le vaccin de l'alliance Pfizer/BioNTech après le Royaume-Uni et Bahreïn, ouvrant la voie à la vaccination des premiers Canadiens dès la semaine prochaine.

La Fondation Bill et Melinda Gates a annoncé qu'elle allait injecter 250 millions de dollars (206 millions d'euros) supplémentaires dans la campagne internationale pour combattre la pandémie de coronavirus.

Une partie de ces fonds sera consacrée à la distribution de vaccins dans des régions d'Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Le sommet des dirigeants européens, prévu jeudi et vendredi, devrait par ailleurs plancher sur un vaste plan de relance post-Covid de quelque 750 milliards d'euros.

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