Le premier grand festival de cinéma depuis l'apparition du coronavirus s'ouvre mercredi à Venise, avec la Mostra, alors que la pandémie continue de s'étendre sans relâche avec plus de 4 millions de personnes désormais contaminées en Europe.

La course au Lion d'Or repart à grand renfort de masques et caméras thermiques alors que des millions d'enfants européens ont repris mardi le chemin de l'école, masque sur le visage et strictes consignes sanitaires en tête.

"Après tant de mois de confinement et de fermeture, nous devons trouver le courage de rouvrir les salles de cinéma, recommencer à produire des films, produire de bons produits pour convaincre le public qu'il est temps de sortir de chez soi pour fréquenter de nouveau les salles de cinéma", affirme à l'AFP le directeur de la Mostra, Alberto Barbera.

"Toutes les mesures de prudence" ont été prises sur le Lido, justifie-t-il, estimant qu'"il est temps de redémarrer".

La tenue de la 77e édition du plus ancien des festivals n'avait rien d'évident en Italie, l'un des pays d'Europe qui a payé le plus lourd tribut à la pandémie. Les studios ont la tête ailleurs, dans un secteur mis à genoux par les conséquences de la crise sanitaire. Le grand rival historique, le festival de Cannes, n'a pas pu se tenir au printemps.

Mais cela se fera au prix d'une voilure réduite et de mesures sanitaires drastiques.

Pas de quoi convaincre Walter, un chauffeur local de bateau-taxi. "Il n'y a pratiquement pas de films, juste quelques productions italiennes. C'est un festival politique, qui devait avoir lieu quoi qu'il arrive, même sans contenu, pour montrer que Venise vit encore", déplore-t-il.

La pandémie a fait plus de 851.000 morts dans le monde depuis fin décembre. Plus de 25,5 millions de cas d'infection ont été diagnostiqués, dont désormais plus de 4 millions en Europe.

Les Etats-Unis (184.589 décès) et le Brésil (122.596 décès) demeurent les pays les plus touchés.

- "Notions de maths" -

En Europe, l'heure est enfin venue pour des dizaines de millions d'enfants français, belges, ukrainiens et russes de retrouver les bancs de l'école, désertés pour nombre d'entre eux depuis près de six mois.

Ils avaient été précédés par leurs camarades allemands, nord-irlandais ou écossais. Toutefois, à cause du Covid-19, seul un élève sur trois dans le monde va retrouver le chemin de son établissement scolaire en cette fin d'été, les deux tiers des 1,5 milliard d'élèves restant "sans école" ou au mieux "dans l'incertitude", selon l'Unesco.

Dans les écoles françaises, le port du masque est obligatoire pour les enseignants et les élèves à partir de 11 ans. "Ça n'a pas été facile de s'adresser aux petits avec le masque sur le visage tout au long de la journée, ça gâche la spontanéité", a regretté Matthieu, enseignant dans une classe de moyenne section dans le Val-de-Marne près de Paris.

Anouk, élève de 14 ans à Rennes (ouest de la France), dit avoir "peur de la différence de niveau entre élèves". "Je sens qu'il me manque des notions en maths (...), dans les matières qui demandent de la pratique, et il y a forcément des élèves qui ont plus travaillé que moi pendant les vacances", s'inquiète-t-elle.

Sur le front économique, après l'Inde lundi et le Brésil mardi, l'Australie a annoncé mercredi être entrée en récession pour la première fois depuis 1991 avec une réduction de 7% de son économie au cours du deuxième trimestre.

Il s'agit de la plus forte contraction jamais enregistrée sur un trimestre dans le pays après une trentaine d'années de croissance continue, pas même entamée par la crise financière de 2008, selon le Bureau australien des statistiques.

A l'inverse, la Chine a évité la récession en endiguant l'épidémie. Le PIB y a rebondi de 11,5% au deuxième trimestre, après une chute de 10% au premier.

Aux Etats-Unis, où jusqu'à 40 millions de personnes courent le risque d'être expulsées dans les prochains mois en raison du coronavirus, le gouvernement a annoncé mardi le prolongement jusqu'à la fin de l'année des mesures de protection pour les ménages qui peinent à payer leur loyer ou leur emprunt.

- Arrosage de gouttelettes -

Côté recherche, une étude publiée mardi par la revue américaine Physics of Fluids a établi que les porteurs de visières en plastique et de masques à valve arrosent un vaste périmètre avec des gouttelettes après un éternuement ou une toux, et que ces articles sont donc inefficaces face au coronavirus.

Dans un premier temps, la visière bloque la projection vers l'avant des gouttelettes, mais une quantité notable parvient à s'échapper par dessous la visière et "dans une grande zone" devant et sur les côtés de la personne, écrivent les chercheurs. Quant aux masques de ce type, "un grand nombre de gouttelettes non filtrées passent par la valve", rapportent-ils.

Le groupe pharmaceutique suisse Roche a de son côté annoncé le lancement fin septembre d'un test de dépistage du coronavirus qui donnera les résultats en 15 minutes.

Richard Hatchett, directeur général de la Coalition pour l'innovation en matière de préparation aux épidémies (Cepi), s'est de son côté déclaré "préoccupé" à l'idée que les pays riches s'approprient tous les vaccins disponibles au détriment des pays moins solvables.

"Nous devons persuader les dirigeants mondiaux que les premières quantités limitées de vaccins devront être partagées mondialement, il ne faut pas qu'une poignée de pays ait la main sur tous les vaccins qui seront produits dans la première moitié de 2021", plaide-t-il auprès de l'AFP.

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