Avec un bilan du Covid-19 considérablement revu à la hausse, la Russie est devenue lundi l'un des pays les plus endeuillés au monde, au moment où les campagnes de vaccination se poursuivent dans plusieurs pays européens.

Près de 26.000 morts en novembre, 186.000 cette année: les chiffres dévoilés par l'office russe des statistiques Rosstat, en vertu d'une nouvelle comptabilité plus proche des normes internationales, sont trois fois supérieur au 55.265 morts officiels comptabilisés depuis le début de la pandémie par le site dédié du gouvernement.

Ces nouveaux chiffres placent la Russie au 3e rang mondial, derrière les Etats-Unis (plus de 330.000 morts) et le Brésil (plus de 190.000).

Malgré ce nouveau bilan alarmant, les autorités russes ont rejeté l'idée de tout nouveau confinement national, tablant sur l'efficacité du vaccin national, le Spoutnik-V, déployé début décembre.

- Registre des refus -

Pendant ce temps, les campagnes de vaccination contre le Covid-19 s'enchainent dans les pays européens, qui ont lancé le mouvement ce week-end, en injectant à des personnes âgées, à des soignants ou encore à des responsables politiques les premières doses du vaccin Pfizer-BioNTech, quelques jours après le feu vert de l'UE.

Leur livraison dans huit pays européens subira cependant un léger retard, en raison d'un problème logistique à l'usine Pfizer en Belgique, a annoncé le ministère espagnol de la Santé, sans préciser quels étaient les sept autres pays affectés.

Après l'Espagne -qui a officiellement franchi lundi la barre des 50.000 morts-, l'Italie et la France ce dimanche, la Belgique a procédé à de premières injections dans trois maisons de retraite, et le Luxembourg a vacciné de premiers professionnels de santé.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié ce début de campagne de vaccination sur le Vieux continent de "moment touchant d'unité" et d'"histoire de succès européenne".

En Espagne, les autorités tiendront un registre des personnes refusant de se faire vacciner contre le Covid-19, qui sera partagé avec d'autres pays européens mais ne sera pas rendu public, selon le ministre de la Santé, Salvador Illa, une annonce qui pourrait alimenter critiques et suspicions contre les vaccinations en cours.

- Welcome au Sri Lanka -

L'Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie avaient ouvert la marche samedi dans l'UE, avec un jour d'avance sur le lancement officiel de la campagne.

Hors UE, la Norvège a également commencé sa campagne vaccinale dimanche, tout comme le sultanat d'Oman.

En Israël, l'armée a commencé sa campagne de vaccination lundi à destination des soldats. Dans la population générale, 379.000 personnes avaient déjà été vaccinées lundi matin.

Avant eux, de nombreux autres pays à travers le monde avaient commencé à vacciner contre le Covid-19, qui a fait au moins 1.765.049 morts et contaminé plus de 80,6 millions de personnes dans le monde, selon un bilan établi lundi à la mi-journée par l'AFP, avant l'annonce des nouvelles statistiques russes.

Bien que les premières injections suscitent l'espoir, des inquiétudes sont nées ces derniers jours après le signalement, dans des pays de plus en plus nombreux, d'un variant du coronavirus apparu récemment en Grande-Bretagne, vraisemblablement plus contagieux que la souche d'origine.

Cette nouvelle souche a été repérée dans plusieurs pays européens que sur d'autres continents, et notamment au Canada, en Jordanie ou au Japon.

En Espagne, cinq cas ont été détectés en Andalousie. Aux Pays-Bas, les autorités en ont détecté 11 cas, mais un lien avec le Royaume-Uni n'a pu être établi que chez une des personnes concernées. En Finlande, deux cas du variant britannique ont été identifiés, de même qu'un cas d'un variant sud-africain.

Le Sri-Lanka a quant à lui accueilli lundi ses premiers touristes étrangers depuis neuf mois, avec un vol charter venu d'Ukraine comptant 185 passagers, un "projet pilote", selon le gouvernement, alors qu'une nouvelle souche du virus est apparu sur l'île depuis octobre.

- Privé de match -

En Chine, une "journaliste citoyenne" qui avait couvert l'épidémie à Wuhan, a été condamnée lundi à quatre ans de prison, au moment où le pouvoir chinois vante sa réussite dans la lutte contre la maladie.

Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé par la pandémie, le président Donald Trump a finalement ratifié dimanche soir, après des jours de résistance, le nouveau plan de relance économique de 900 milliards de dollars accordant des aides aux ménages et aux petites entreprises, qui avait été adopté lundi au forceps par le Congrès.

Le célèbre immunologue américain Anthony Fauci a dit redouter dimanche que le pire de la pandémie reste à venir après les fêtes de fin d'année.

Face à des niveaux de contamination préoccupants, plusieurs pays sont de nouveau soumis à des mesures de restrictions, alors que la perspective du Nouvel An suscite des inquiétudes.

En Australie, aucun spectateur ne serait autorisé jeudi soir sur les bords de la baie de Sydney pour admirer le traditionnel feu d'artifice du Nouvel An.

La Pologne a entamé lundi un confinement partiel de trois semaines sur l'ensemble du territoire.

Israël a débuté dimanche un troisième confinement général pour au moins deux semaines, et l'Autriche a confiné sa population samedi jusqu'au 24 janvier.

Et le football lui aussi a été une nouvelle rattrapé par le virus: le choc de la 16e journée du Championnat d'Angleterre (Premier league) entre Everton, 2e, et Manchester City, 6e, a été reporté à quelques heures du coup d'envoi, des joueurs et des membres de l'encadrement des Citizens ayant été testés positif au nouveau coronavirus.

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