Dans l'espoir d'enrayer la flambée de la pandémie de Covid-19, les campagnes de vaccination se multiplient dans le monde et l'Union européenne se démène pour obtenir des vaccins, des efforts qui ne devraient toutefois pas garantir une immunité collective en 2021 selon l'OMS.

Un an après l'annonce par Pékin du premier décès du Covid-19, la pandémie a fait au moins 1.945.437 morts dans le monde, selon le dernier bilan établi par l'AFP, et le branle-bas de combat s'intensifie.

L'Agence européenne des médicaments a annoncé mardi avoir reçu une demande d'autorisation pour le vaccin de l'alliance AstraZeneca/Oxford. Elle compte procéder à un examen accéléré, avec une possible décision le 29 janvier, si les données communiquées sont suffisamment "robustes et complètes".

Une "bonne nouvelle", s'est réjouie la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, alors que le virus a déjà fait plus de 620.000 morts à travers le continent.

Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont déjà autorisés dans l'UE, qui a signé des contrats avec plusieurs laboratoires dans l'optique de faire gonfler son portefeuille de vaccins potentiels. La Commission envisage d'acheter jusqu'à 60 millions de doses de vaccin potentiel à la biotech franco-autrichienne Valneva.

La Suisse a, elle, donné son autorisation de mise sur le marché à un deuxième vaccin anti-Covid, celui de l'américain Moderna, après celui de Pfizer/BioNTech utilisé depuis décembre.

Face à la propagation de l'épidémie en divers points du globe, la mise à disposition des vaccins accélère.

Mais l'Organisation mondiale de la santé a prévenu que "nous n'allons pas atteindre (...) l'immunité collective en 2021". Le déploiement des vaccins, quand il s'agit de milliards de doses, "prend du temps", a expliqué sa responsable scientifique, Soumya Swaminathan.

La Chine s'apprête à recevoir une équipe d'experts de l'OMS chargée d'enquêter sur l'origine du coronavirus. Attendue jeudi à Wuhan, dans le centre du pays, elle devrait être placée en quarantaine avant de commencer son enquête.

Le gouvernement a décidé mardi de confiner par précaution cinq millions d'habitants d'une ville limitrophe de Pékin après un cas de coronavirus, les autorités tentant d'endiguer rapidement de petits foyers apparus près de la capitale.

-"Des enterrements tous les jours"-

Au Royaume-Uni, pays d'Europe le plus endeuillé, sept centres de vaccination massive ont ouvert lundi. Le gouvernement espère immuniser quelque 15 millions de personnes d'ici mi-février pour commencer à lever son troisième confinement en un an.

Pour accueillir les morts du Covid-19, des morgues provisoires sont mises en place.

Siraj Qazi, directeur d'une morgue au service de la communauté musulmane à Luton, au nord de Londres, a observé un "afflux massif" ces deux dernières semaines. "Nous faisons des enterrements tous les jours et les décès dont nous nous occupons actuellement sont principalement liés au Covid", constate-t-il.

Les autorités britanniques peinent à freiner la propagation d'un variant -plus contagieux- du virus, avec des dizaines de milliers de contaminations chaque jour.

"Nous sommes à une étape très, très périlleuse" de la pandémie, a alerté Kit Malthouse, le secrétaire d'Etat chargé de la Sécurité publique. "Une petite minorité de gens ne respectent pas les règles et cela coûte des vies", a-t-il déploré, en prévenant qu'un durcissement des restrictions était envisagé.

La Russie a d'ailleurs décidé de prolonger la suspension de ses liaisons aériennes avec le Royaume-Uni, deux jours après la découverte du nouveau variant du Covid-19 chez un patient russe de retour de ce pays.

Le Japon cherche pour sa part à isoler pour analyse un variant du coronavirus récemment détecté sur quatre personnes arrivées dans l'archipel en provenance du Brésil.

"Plus le Covid-19 se répand, plus il y a de chances qu'il évolue encore (...). La transmissibilité de certains variants du virus semble augmenter", a relevé lundi le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

-"Laissés à eux-mêmes"-

En Malaisie, le roi Abdullah Shah a déclaré l'état d'urgence pour faire face "à un stade très critique" de l'épidémie et le Parlement a été suspendu dans la foulée, une décision critiquée par l'opposition qui dénonce un abus de pouvoir.

Le Premier ministre avait annoncé lundi de nouvelles restrictions dans plus de la moitié du pays pour deux semaines, expliquant que le système de santé était "sur le point de rompre".

Au Liban, la réponse à la pandémie va passer par un confinement strict assorti d'un couvre-feu total pendant onze jours, à partir de jeudi, durant lequel les travailleurs non essentiels ne seront pas autorisés à sortir de la maison et les supermarchés n'ouvriront que pour effectuer des livraisons.

Cette annonce a provoqué des craintes de pénuries alimentaires et poussé de nombreux Libanais dans les supermarchés.

L'ONG Save the children au Liban s'inquiète de voir s'aggraver les difficultés des familles les plus vulnérables, dans un pays confronté à sa pire récession depuis la guerre civile de 1975-1990.

En France, le gouvernement espère atteindre les 400.000 personnes vaccinées contre le Covid-19 à la fin de la semaine, notamment dans les Ehpad où seuls 30.000 résidents ont reçu le vaccin.

Son voisin belge a franchi dimanche le cap des 20.000 morts du Covid-19, ce qui constitue "la mortalité la plus importante que la Belgique ait connue depuis la période de la grippe espagnole et de la fin de la (Première) guerre, soit 1918", selon Yves Van Laethem, porte-parole des autorités sanitaires.

Aux Etats-Unis, où près de 376.000 personnes sont mortes du coronavirus, le président élu Joe Biden a reçu lundi en direct à la télévision la deuxième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

Autre pays, autre président: au Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, âgé de 72 ans et candidat à un second mandat, a finalement été testé négatif à deux reprises après un premier test positif.

burx-esp/sg