Face à la hausse des cas de Covid-19, la chancelière allemande Angela Merkel a prôné mercredi de nouvelles restrictions en Allemagne, tandis qu'aux Etats-Unis, le président élu Joe Biden promet la campagne de vaccination "la plus efficace de l'histoire américaine".

"Le nombre de contacts" entre personnes "est trop élevé, la réduction du nombre de contacts est insuffisante", a déclaré Mme Merkel devant la chambre des députés.

Elle a jugé "justifiées" les propositions d'un groupe d'experts visant à la fermeture au plus tard entre Noël et la mi-janvier de tous les magasins non alimentaires et des écoles notamment.

Et la chancelière a exhorté à réduire "au minimum" les contacts d'ici les fêtes, évoquant la possibilité d'avancer le début des vacances scolaires. Il faut tout mettre en oeuvre pour éviter une "progression exponentielle" du nombre de cas, a martelé Mme Merkel.

L'Allemagne est en difficulté face à la deuxième vague, enregistrant au cours des dernières 24 heures un nombre record de décès liés au Covid-19, à 590, alors qu'elle avait été saluée pour sa gestion de la pandémie durant la première vague au printemps.

De son côté, le président élu des Etats-Unis Joe Biden, 78 ans, a promis de mettre en place, dans les 100 premiers jours de son mandat, "la campagne de vaccination la plus efficace de l'histoire américaine" avec l'injection de 100 millions de doses de vaccins.

Les vaccins de Pfizer et Moderna se prennent en deux doses.

L'équipe du président sortant Donald Trump a prévu d'avoir vacciné 100 millions de personnes d'ici mars 2021.

Dans les 100 premiers jours également, le président élu ordonnera le port du masque dans les lieux sur lesquels il a autorité -- bâtiments fédéraux, trains, avions et bus assurant les transports entre Etats américains -- tout en poussant les gouverneurs et maires à faire de même.

Dans un troisième volet, Joe Biden a prévu de faire du retour des enfants à l'école une "priorité nationale".

Présentant à Wilmington, dans le Delaware, son futur ministre de la Santé Xavier Becerra et l'équipe qui sera chargée de lutter contre la pandémie lorsqu'il succédera à Donald Trump le 20 janvier, M. Biden a lancé néanmoins une mise en garde.

"Sans action urgente de la part du Congrès ce mois-ci, (....) il y a une réelle possibilité qu'après une première campagne de vaccination, ces efforts ralentissent et s'arrêtent", a déclaré le démocrate en référence à la nécessité d'un accord financier pour lutter contre la pandémie.

De son côté, le président sortant Donald Trump, lui aussi inquiet de la bataille logistique qui s'annonce autour de la vaccination, a signé mardi un décret affirmant la priorité à l'approvisionnement des Etats-Unis, une décision dans la droite ligne de son approche "America First".

Or, malgré des mois de négociations, républicains et démocrates ne sont toujours pas parvenus à un accord sur un nouveau vaste plan de lutte contre la pandémie. Les chefs du Congrès espèrent voter des mesures d'ici la fin de la semaine prochaine, mais un consensus semble encore loin.

Le Royaume-Uni a, lui, lancé mardi sa campagne de vaccination contre le Covid-19, la première dans un pays occidental.

Margaret Keenan, une grand-mère de 90 ans, est devenue la première patiente au monde à recevoir le vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, près d'une semaine après le feu vert donné à son utilisation dans le pays le plus endeuillé d'Europe (près de 61.500 morts).

La majorité de la population britannique devra toutefois attendre 2021, priorité étant donnée aux résidents et personnel des maisons de retraite, suivis des soignants et des plus de 80 ans.

A ce jour, cinquante-et-un candidats vaccins sont testés sur des humains, 13 étant en dernière phase d'essais, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Trois vaccins sont particulièrement avancés: le vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, utilisé au Royaume-Uni; celui du laboratoire américain Moderna; et enfin le vaccin développé par AstraZeneca et l'université britannique d'Oxford.

Ce dernier est devenu mardi le premier à voir ses résultats d'efficacité validés par la revue scientifique de référence The Lancet, qui confirme son efficacité à 70% en moyenne.

En Chine, en revanche, près d'un quart des habitants de Chengdu, une ville du sud qui en compte un million, ont dû être soumis à un test de dépistage après la découverte de cas de Covid-19.

Un couple de personnes âgées a été diagnostiqué lundi comme étant porteur du virus et, depuis, les autorités se sont employées à retracer leurs cas contacts et à analyser des échantillons de nourriture. Les écoles et les crèches du quartier de Pidu, où les cas sont apparus, ont été fermées.

En Russie, Saint-Petersbourg, la deuxième ville du pays, a enregistré mardi un record de 86 décès quotidiens, les autorités prévenant que la cité était désormais à "un pas" d'un nouveau confinement.

Au total, la pandémie a fait au moins 1.545.320 morts dans le monde et contaminé plus de 67 millions de personnes, selon un décompte de l'AFP à partir de bilans officiels. Depuis le 24 novembre, plus de 10.000 décès sont enregistrés en moyenne chaque jour dans le monde.

Plus de 20 millions de cas du nouveau coronavirus ont été officiellement recensés en Europe depuis l'arrivée du virus sur le continent début 2020.