Les pays de l'Union européenne, dont les nations les plus touchées par la pandémie comme l'Italie, l'Espagne et la France, ont entamé ce week-end leurs campagnes de vaccination contre le Covid-19, saluant une première victoire dans la lutte contre le coronavirus dont un variant inquiète cependant de plus en plus.

Livrées samedi, les premières doses du vaccin Pfizer-BioNtech ont été injectées en Italie peu avant 08H00 (07H00 GMT) à l'infirmière Claudia Alivernini et à la professeure Maria Rosaria Capobianchi, la directrice du laboratoire de virologie à l'hôpital Spallanzani de Rome. "Je le dis de tout mon coeur : vaccinons-nous. Pour nous. Pour nos êtres chers et pour la collectivité", a commenté Claudia Alivernini.

Pays le plus meurtri de l'UE avec près de 72.000 morts, reconfinée depuis mi-décembre, "l'Italie se réveille", a réagi le Premier ministre Giuseppe Conte sur Twitter, saluant une date qui "restera à jamais gravée dans nos mémoires".

Une heure plus tard, c'est Araceli Rosario Hidalgo Sanchez, 96 ans, qui était la première à être vaccinée en Espagne dans une maison de retraite de Guadalajara (centre). Elle a confié, dans un sourire, ne "rien" avoir senti lorsque le vaccin lui a été administré.

L'Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie avaient ouvert la marche samedi dans l'UE, avec un jour d'avance sur le lancement officiel de la campagne dans ce bloc.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié le début de cette campagne de "moment touchant d'unité" et d'"histoire de succès européenne", ajoutant que cela allait "aider à revenir progressivement à nos vies normales".

- "Relevez les manches" -

En fin de matinée, Mauricette, une ancienne aide ménagère de 78 ans, a reçu le premier vaccin français à l'hôpital René-Muret de Sevran, près de Paris. "Je suis très émue", a-t-elle déclaré.

Le président français Emmanuel Macron, rappelant sur Twitter que le vaccin était gratuit et non obligatoire dans son pays, a espéré que "la raison et la science (allaient) nous guider", alors que la majorité des Français (56%) n'envisagent pas de se faire vacciner contre le Covid-19, selon un sondage.

Le vaccin était particulièrement attendu en France, où l'épidémie a provoqué la mort de plus de 62.500 personnes et où le virus circule activement, au point que les autorités n'excluent pas un prochain 3e confinement.

En Grèce, "la science nous a apporté le plus beau des cadeaux pour Noël", a déclaré la présidente Katerina Sakellaropoulou après avoir été vaccinée, suivie par son Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

Ailleurs en Europe, un archevêque de 84 ans en Slovénie, un chef de service des maladies infectieuses au Portugal ou encore la première infirmière à avoir soigné en février un patient atteint de Covid-19 en Roumanie ont été les premiers à avoir été vaccinés dans leurs pays respectifs.

Les Etats nordiques (Suède, Finlande et Danemark) ont eux aussi entamé leurs campagnes dimanche.

Si la plupart des pays de l'UE avaient choisi des personnes âgées ou des soignants, en République tchèque, c'est le Premier ministre Andrej Babis lui-même qui a été vacciné en premier. "Hier, j'ai vu une femme à la télévision dire qu'elle attendrait de voir Babis vacciné. Donc j'ai décidé de montrer l'exemple", a déclaré le milliardaire populiste.

- Nouveaux cas du variant -

Hors UE, la Norvège a également commencé sa campagne vaccinale dimanche, tout comme le sultanat d'Oman, le dernier membre du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Qatar et Koweït) à s'y mettre.

Avant eux, de nombreux autres pays à travers le monde avaient déjà commencé à vacciner contre le Covid-19, qui a fait au moins 1.758.026 morts et contaminé plus de 80 millions de personnes, selon les données officielles compilées dimanche par l'AFP.

La Chine a été la première à le faire, dès l'été dernier. En décembre, la Russie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Chili, entre autres, lui ont emboîté le pas.

Aux Etats-Unis, le pays le plus touché tant en nombre de morts (au moins 331.916) que de cas (19 millions), le célèbre immunologue Anthony Fauci a dit redouter dimanche que le pire de la pandémie reste à venir après les fêtes de fin d'année. Il craint une "hausse s'ajoutant à la hausse" spectaculaire que connaît déjà la première puissance mondiale, avec régulièrement plus de 200.000 cas confirmés et plus de 3.000 morts par jour depuis près de trois semaines.

Israël, qui doit commencer la semaine prochaine, a l'ambition de vacciner le quart de ses neuf millions d'habitants en un mois. En attendant, ce pays entame dimanche un troisième confinement général, pour au moins deux semaines.

Autre éclaircie après une année marquée par cette pandémie, le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a affirmé dimanche être parvenu à une "protection de 100%" contre les formes sévères du Covid-19 avec son vaccin mis au point avec l'université d'Oxford, très attendu car peu coûteux et ne requérant pas une température aussi basse que celui de Pfizer/BioNTech.

Bien que ces premières injections donnent une lueur d'espoir, des inquiétudes sont nées ces derniers jours après le signalement, dans de plus en plus de pays, de la nouvelle souche du coronavirus. La Jordanie, le Portugal, le Canada, l'Italie, la Suède, l'Espagne et le Japon sont parmi les derniers en date à avoir détecté ce variant britannique possiblement plus contagieux.

Après sa découverte, l'inquiétude avait poussé des dizaines d'Etats à couper leurs liaisons aériennes, maritimes ou terrestres avec le Royaume-Uni.

Face à des niveaux de contamination préoccupants, plusieurs pays sont de nouveau soumis à des mesures de restrictions, comme l'Autriche qui a confiné sa population samedi, jusqu'au 24 janvier.

L'Italie et l'Irlande se sont pour leur part reconfinées avant Noël, et des confinements locaux ou de sévères restrictions touchent des millions de personnes au Royaume-Uni.

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