Quinze cas positifs au Covid-19, dont le sélectionneur Fabien Galthié et plus de la moitié des titulaires: comment le XV de France, pourtant soumis à une bulle sanitaire, a-t-il pu subir autant d'infections, lesquelles fragilisent sa conquête du Tournoi des six nations?

. Qui est le premier contaminé?

Deux jours après la victoire des Bleus en Irlande (15-13), la Fédération française de rugby fait état de deux cas mardi 16 février. L'un positif, celui d'un membre de l'encadrement technique, en l'occurrence un préparateur physique, dont l'identité n'a pas été précisée. L'autre "suspicieux et non avéré" concerne Fabien Galthié. Après un nouveau test réalisé dans la journée, le sélectionneur est diagnostiqué positif. S'en suit une cascade de contaminations avec, en moins d'une semaine, onze joueurs infectés dont huit titulaires à Dublin et deux autres membres du staff, l'entraîneur des avants William Servat, et Karim Ghezal, co-entraîneur de la conquête. Pour le vice-président de la FFR, Serge Simon, pas de doute. "Le patient zéro, on le connaît: c'est notre préparateur physique", a-t-il affirmé lundi dans un entretien à Midi Olympique. Comment a-t-il contracté le virus? Au contact de l'équipe de France de rugby à VII, qui s'est entraînée avec le XV de France et dont certains joueurs ont été testés positifs avant Irlande-France? "Scientifiquement, rien ne permet de l'affirmer ou de l'infirmer, on n'a pas d'explication à ce sujet. Notre seule certitude est qu'aucun joueur du XV n’a été contaminé par un joueur de France 7, puisque les cas positifs de cette semaine sont des transmissions à l'intérieur du groupe XV de France", a expliqué Simon. De son côté, Galthié a assuré au quotidien L'Equipe que "tous (ses) agissements" avaient été "conformes au protocole sanitaire".

. Une bulle increvable?

Après autant de contaminations, la question de l'étanchéité de la bulle se pose forcément. Au début de la préparation à Nice fin janvier, Galthié bénéficiait de trente-sept joueurs sélectionnables, plus cinq partenaires d'entraînement. Le nombre de joueurs a finalement été ramené à trente-et-un pour diminuer les allers-retours entre la bulle et les clubs et ainsi les risques de contamination. Mais pour les oppositions à l'entraînement, à Nice puis ensuite à Marcoussis, le staff avait fait appel aux septistes français. Ces derniers s'entraînaient au même endroit et devaient aussi respecter un protocole sanitaire.

Dans les Alpes-Maritimes, les joueurs et le staff n'étaient pas non plus cantonnés 100% du temps dans leur hôtel privatisé. Fin janvier, ils avaient rendu visite, masqués, au personnel du centre hospitalier universitaire de Nice, comme l'avait tweeté le CHU. Le Tournoi ayant fait relâche le week-end dernier, les joueurs ont par ailleurs eu droit à quelques jours de repos pour rejoindre leur famille.

La ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu s'est entretenue lundi avec le président de la FFR Bernard Laporte et a "demandé que soit adressé à son cabinet un relevé de situation quotidien concernant les résultats des membres de la délégation française, qui sont désormais testés chaque soir".

. Quelle préparation contre l'Ecosse?

Le Comité des Six nations a confirmé mercredi le maintien du match au Stade de France dimanche (16h00) et continuera de suivre la situation "de très près" d'ici là. Mais la préparation des Bleus n'est pas idéale. Après du travail physiologique sans contacts et par petits groupes mardi, les trente-et-un joueurs mobilisés devaient reprendre l'entraînement collectif et "à haute intensité" mercredi. Avec le soutien de dix joueurs de l'équipe de France U20 "dont les tests sérologiques attestents de l'immunité à la Covid-19", a indiqué la FFR. Mais sans plusieurs membres de l'encadrement, encore isolés, et un effectif fortement remanié. Pour faire face à l'Ecosse, le XV de France a dû modifier l'ensemble de sa première ligne, les piliers Cyril Baille et Mohamed Haouas ainsi que le talonneur Julien Marchand ayant été testés positifs. A ces absences s'ajoutent celles du capitaine et troisième ligne Charles Ollivon, du demi de mêlée Antoine Dupont, du centre Arthur Vincent, de l'ailier Gabin Villière et de l'arrière Brice Dulin, contaminés aussi. Une situation complexe pour espérer signer une troisième victoire et conserver intacte l'ambition de réaliser un premier Grand Chelem depuis 2010.