Augmenter les doses d'antibiotiques pourrait "renforcer" certaines bactéries

Belga

Utiliser des doses plus élevées d'antibiotiques pour lutter contre le développement de bactéries résistantes aux traitements pourrait en fait renforcer certaines d'entre elles, montre une étude publiée mercredi.

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La résistance aux antibiotiques constitue "l'une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale", selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), et pourrait causer 10 millions de morts par an d'ici 2050, selon certaines estimations. De précédents travaux de recherche ont montré qu'administrer des doses plus fortes d'antibiotiques peut ralentir la capacité des bactéries à devenir résistantes au traitement, mais l'impact de cette stratégie sur l'état de santé général des microbes a peu été étudié. Des chercheurs de plusieurs pays européens ont analysé la réaction de bactéries E. coli face à différentes concentrations de trois antibiotiques couramment utilisés. Si des doses élevées ralentissent le rythme auquel les bactéries deviennent résistantes, elles débouchent aussi sur des microbes "en meilleure forme", avec un taux de reproduction plus rapide, conclut leur étude, publiée dans la revue Royal Society Biology Letters. "Nous estimons que le taux de croissance est un bon indicateur de leur forme, avec l'hypothèse qu'une souche qui croît plus vite a plus de chances de prendre le dessus sur les autres et de devenir dominante", a expliqué à l'AFP Mato Lagator, biologiste à l'université de Manchester et auteur principal de l'étude. Ces résultats "ajoutent une dimension supplémentaire au problème du dosage optimal des antibiotiques", écrivent les chercheurs, jugeant que l'utilisation de doses plus élevée représente un "dilemme". "Les nouveaux médicaments sont développés avec un objectif principal: leur efficacité à se débarrasser de l'infection. Mais on prend rarement en compte la probabilité que les bactéries ciblées deviennent résistantes à ces médicaments, tout comme le niveau de forme des souches résistantes qui risquent d'émerger", souligne Mato Lagator. "Se concentrer sur le bénéfice immédiat - le traitement est plus efficace à des doses plus élevées - sans s'attacher à comprendre les conséquences à long terme peut poser problème", ajoute-t-il, appelant à plus de recherche dans ce domaine. (Belga)

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