CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN - Israël et le Hamas approuvent un cessez-le-feu à Gaza

Belga

Israël et le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, ont chacun annoncé jeudi soir avoir approuvé un accord de cessez-le-feu visant à mettre fin à plus de dix jours d'affrontements meurtriers."Le cabinet (de sécurité) a accepté à l'unanimité la recommandation de l'ensemble des responsables sécuritaires (...) d'accepter l'initiative égyptienne de cessez-le-feu bilatéral sans condition", ont indiqué dans un communiqué les autorités israéliennes. Dans la bande de Gaza, le Hamas mais aussi le Jihad islamique, second groupe islamiste armé de l'enclave, ont confirmé l'entrée en vigueur de cette trêve dès 02H00 vendredi (01H00 en Belgique). "Nous avons été informés par les frères égyptiens qu'un accord avait été conclu pour un cessez-le-feu bilatéral et simultané dans la bande de Gaza, à partir de 02H00 du matin", a déclaré le bureau politique du Hamas dans un communiqué. "La résistance palestinienne respectera cet accord aussi longtemps que l'occupation (nom donné par le Hamas à Israël, NDLR) le respectera", a-t-il poursuivi. Cette annonce intervient après plus de dix jours d'affrontements sanglants entre Israël et ces groupes, en premier lieu le Hamas qui avait lancé les hostilités le 10 mai en tirant des salves de roquettes vers Israël en solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés lors d'affrontements avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam. Après ces premiers tirs de roquette, Israël a lancé une opération militaire visant à "réduire" les capacités militaires du Hamas en multipliant les frappes aériennes contre ce micro-territoire de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis presque quinze ans. De leurs côtés, le Hamas et le Jihad ont lancé plus de 4.300 roquettes vers Israël, des tirs d'une intensité inégalée contre l'Etat hébreu qui dispose d'un bouclier antimissile ayant permis d'intercepter 90% de ces projectiles. Les affrontements ont fait au moins 232 morts côté palestinien, dont 65 enfants et de nombreux combattants du Hamas et du Jihad islamique, et douze morts en Israël --dont un enfant de six ans, une adolescente de 16 ans et un soldat. Jeudi, avant l'annonce de la trêve, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé que la poursuite des tirs israéliens et palestiniens était "inacceptable" et il avait appelé à ce que les affrontements cessent "immédiatement". Le Hamas et Israël, qui se sont livrés trois guerres (2008, 2012, 2014), s'étaient entendus en 2018 sur une trêve visant entre autres à stabiliser la bande de Gaza, territoire aux infrastructures balbutiantes et miné par un chômage endémique, à la faveur d'une médiation menée par l'ONU, l'Egypte et le Qatar. En coulisses, ces trois acteurs ont multiplié les pourparlers. L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland s'est rendu au Qatar pour rencontrer le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tandis que les Egyptiens ont discuté avec des responsables sécuritaires israéliens pour pousser les parties à ce cessez-le-feu. "Deux délégations égyptiennes seront envoyées à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en oeuvre (du cessez-le-feu) et le processus pour maintenir des conditions stables de manière permanente", ont déclaré au Caire des sources diplomatiques égyptiennes à l'AFP. (Belga)

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