Conflit au Tigré - L'Ethiopie dénonce les restrictions de visa décidées par Washington

Belga

L'Ethiopie a dénoncé lundi les restrictions de visa décidées par les Etats-Unis en raison de la guerre au Tigré, laissant entendre qu'elles pourraient conduire le Premier ministre Abiy Ahmed à réévaluer la relation bilatérale avec Washington.Dimanche, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a annoncé que ces restrictions visaient des responsables éthiopiens et érythréens accusés de n'avoir pas pris de "mesures significatives pour mettre fin aux hostilités ou pour parvenir à une résolution pacifique de la crise politique" au Tigré, région du Nord de l'Ethiopie théâtre d'un conflit depuis novembre. M. Blinken a également annoncé des restrictions "à grande échelle" en matière d'assistance économique et sécuritaire à l'Ethiopie, tout en assurant que l'aide humanitaire se poursuivrait. Lundi, le ministre éthiopien des Affaires étrangères a qualifié ces annonces de "fâcheuses", "malavisées" et "regrettables". "Si une telle détermination à s'immiscer dans nos affaires intérieures et (à saper) une relation bilatérale centenaire devait continuer, le gouvernement (...) n'aurait d'autre choix que de réexaminer sa relation avec les Etats-Unis, ce qui aurait des conséquences au-delà de notre relation bilatérale", met en garde le ministère dans un communiqué. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire contre les autorités tigréennes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), en dissidence vis-à-vis du pouvoir central. M. Abiy avait promis une victoire rapide au Tigré, mais presque six mois après la prise de la capitale régionale, Mekele, par l'armée fédérale, les combats se poursuivent dans la région, où la situation humanitaire critique alarme la communauté internationale. Après des mois de déni, le gouvernement éthiopien a reconnu la présence sur place, aux côtés de son armée, de troupes érythréennes, soupçonnées d'être impliquées dans de nombreuses exactions - ce que dément Asmara. Le gouvernement éthiopien a réitéré lundi son engagement à enquêter sur les violations des droits humains au Tigré et a assuré qu'il avait "donné un accès entier et sans entrave aux travailleurs humanitaires pour mener leurs opérations dans l'ensemble de la région". Mais les Nations unies assurent que l'accès demeure "imprévisible" et que les organisations humanitaires rencontrent "des obstacles de plus en plus nombreux pour accéder aux populations dans le besoin". Le gouvernement a également rappelé qu'il ne négocierait pas avec les dirigeants en fuite du TPLF, désormais classé "organisation terroriste". (Belga)

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