France: l'exécutif "très préoccupé" après une panne des numéros d'urgence, Orange s'excuse

Belga

Les autorités françaises sont "très préoccupées" par le possible bilan humain de la panne qui a gravement perturbé les numéros de secours en France mercredi soir et pourrait avoir causé la mort d'au moins trois personnes, et pour lequel l'opérateur Orange a présenté de "vives excuses".

placeholder

"C'est trop tôt pour faire un bilan mais évidemment on est très préoccupé", a déclaré jeudi le président français, Emmanuel Macron, en déplacement dans le Lot (sud-ouest). La panne d'un équipement chargé d'acheminer les appels a entravé massivement l'accès aux numéros d'urgence et aux lignes fixes mercredi après-midi jusqu'à minuit, rendant de nombreux services de secours difficiles à joindre par le public à travers la France. Orange a assuré jeudi que "la situation est maintenant stabilisée", mais selon le ministre de la santé, Olivier Véran, le système restait "instable" dans une dizaine de régions. "Il y a encore des appels parfois aléatoires. Pas du tout dans la même ampleur de ce qui a été perçu hier mais avec encore des difficultés", a-t-il déclaré lors d'une visite à l'hôpital parisien de Necker. "La situation est sous contrôle", a de son côté assuré le PDG d'Orange, Stéphane Richard. "Il y a eu un certain nombre de perturbations très limitées pendant la matinée. Au moment où nous parlons, l'ensemble de ces numéros d'urgence fonctionnement normalement", a-t-il indiqué sur la chaîne TF1. Selon lui, il n'y a "aucun signe" d'"attaque externe". Il a évoqué "une défaillance logicielle dans des équipements critiques de réseau". Rentré précipitamment d'une visite en Tunisie avec le Premier ministre Jean Castex, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé qu'un patient souffrant de troubles cardiovasculaires "serait décédé" dans le Morbihan (ouest), faute d'avoir "pu joindre les services de secours à temps". Il a fustigé des "dysfonctionnements graves et inacceptables". Le centre hospitalier de Vannes, dans le Morbihan, où un patient de 63 ans est décédé d'un arrêt cardiaque mercredi, a réclamé une enquête judiciaire, tandis que la préfecture a indiqué qu'une enquête administrative avait été "sollicitée par l'Agence régionale de santé" après le décès de cet homme. "D'après les premiers éléments communiqués par la famille, cette personne avait été conduite par un proche au centre hospitalier, au vu des difficultés techniques rencontrées pour appeler les services de secours (15, 112)", a-t-elle précisé. "Deux autres accidents cardiovasculaires" ont eu lieu sur l'île de la Réunion, dans l'océan Indien, a indiqué M. Darmanin, "mais je ne peux pas dire si le temps (avant l'arrivée des secours, ndlr) a été particulièrement long et s'il est imputable à ce numéro d'urgence". L'entourage du ministre a précisé que ces deux "accidents" s'étaient soldés par la mort des patients. "Ce qui est sûr, c'est que les personnes ont témoigné qu'elles ont essayé d'appeler plusieurs fois et qu'elles n'ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs", a insisté M. Darmanin (Belga)

© 2021 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.

logo Belga