France: le tribun de la gauche radicale Mélenchon de plus en plus isolé

Belga

Le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon apparaît de plus en plus isolé en France, où ses récents propos liant terrorisme et élection présidentielle ont provoqué une vive polémique, y compris parmi ses anciens alliés.

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Dimanche, le patron de La France insoumise (LFI) avait prédit "un grave incident ou un meurtre" dans la dernière semaine de la campagne présidentielle de 2022. "Ça a été Merah en 2012 (auteur djihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban, notamment dans une école juive), ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs Elysées (en 2017, un djihadiste assassine le policier Xavier Jugelé). Avant, on avait eu Papy Voise (Paul Voise, un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002), dont plus personne n'a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance", a-t-il affirmé. Des propos qui ont suscité l'indignation dans la classe politique. Mais aussi parmi les familles des victimes des attentats islamistes, comme Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merah, et qui a dénoncé des propos "inadmissibles". Plusieurs membres du gouvernement, à l'image de la ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa, l'ont accusé de tenir "des propos complotistes" et "honteux" qui "manquent de respect aux familles de victimes" des attentats terroristes. "Cet homme a perdu la raison", a estimé Alain Jakubowicz, président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). Même si le numéro deux de LFI, Adrien Quatennens, a estimé mardi que le mouvement ne pâtira pas de ces déclarations, la perspective d'une union des gauches pour 2022 - voulue pour éviter un nouveau face à face entre le centriste Emmanuel Macron et la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen - semble de plus en plus s'éloigner. Plusieurs figures communistes socialistes ou écologistes ont ainsi vivement critiqué, parfois avec virulence, les propos de Jean-Luc Mélenchon. La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, elle-même possible candidate à la présidentielle, s'est dite "très choquée" par "ce propos empreint de complotisme", qui "divise". "C'est irresponsable pour un chef politique, une personne de sa stature, d'alimenter comme ça la machine à complot", a abondé le secrétaire national du parti écologiste EELV Julien Bayou. Et le parti communiste, ancien allié de M. Mélenchon a qualifié ces propos de "particulièrement inappropriés, inutilement angoissants", par la voix de son secrétaire national Fabien Roussel. Jean-Luc Mélenchon a tenté de contre-attaquer lundi, en dénonçant une "ambiance violente" et évoquant une vidéo d'extrême droite qui simule selon lui le meurtre d'un militant de son parti, représenté par un mannequin. Mais cela n'a pas suffi: pour la porte-parole d'EELV, Éva Sas, "Jean-Luc Mélenchon ne fait qu'ouvrir un contre-feu !". "Au lieu d'expliquer ses propos, de présenter formellement ses excuses aux victimes" le leader de LFI continue, selon elle, "de s'enfermer dans une irresponsabilité très inquiétante". (Belga)

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