Syrie: pressions internationales sur la Russie pour laisser ouvert 1 accès transfrontalier

Belga

L'ONU et plusieurs pays ont fait pression mercredi sur la Russie pour qu'elle ne s'oppose pas à une prolongation de l'autorisation transfrontalière onusienne pour la Syrie, qui permet d'acheminer de l'aide humanitaire à la région rebelle d'Idleb et n'a pas de substitut, selon l'Organisation."J'appelle vivement les membres du Conseil à parvenir à un consensus sur l'autorisation des opérations transfrontalières en tant que canal de soutien vital pour une autre année", a déclaré au Conseil de sécurité le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. "Ne pas prolonger l'autorisation du Conseil aurait des conséquences dévastatrices. Le peuple syrien en a cruellement besoin et il est essentiel de mobiliser toutes nos capacités, par tous les canaux", a insisté le chef de l'ONU. Des négociations ont été lancées sur un projet de résolution porté par l'Irlande et la Norvège, deux membres non permanents du Conseil de sécurité. Ce dernier doit voter avant l'expiration, le 10 juillet, de l'autorisation onusienne. La Russie, premier allié de la Syrie, a toutefois déjà laissé entendre depuis le début de l'année son opposition à une nouvelle prolongation de l'autorisation, en vigueur depuis 2014. Moscou pourrait aller jusqu'à recourir à un nouveau veto, selon plusieurs diplomates. "Pour la Russie, la souveraineté nationale prime sur l'acheminement de l'aide humanitaire", soupire dépité l'un d'eux, en reconnaissant que l'Occident n'a que peu d'outils, à part la pression, pour s'opposer à Moscou, qui dicte depuis longtemps le positionnement de l'ONU sur le dossier syrien. L'accès transfrontalier permet, en s'affranchissant de tout aval de Damas, d'apporter de l'aide humanitaire aux 3 à 4 millions de personnes vivant dans la région d'Idleb (nord-ouest de la Syrie) qui échappe toujours au contrôle du régime syrien. Selon la Russie, il existe une alternative: le passage à travers les lignes de front à partir de la capitale syrienne. Mais l'ONU et les Occidentaux réfutent cette affirmation, en soulignant que la bureaucratie, ajoutée à une volonté politique, rend inopérant l'acheminement de l'aide humanitaire par ce biais. Dans une lettre mardi au chef de l'ONU et au Conseil de sécurité, une trentaine de pays ont appelé à un renouvellement de l'autorisation transfrontalière. "Le renouvellement du mécanisme transfrontalier est essentiel pour assurer la distribution directe et continue des vaccins à tous les Syriens via le système Covax. (Sa) suppression aurait un effet paralysant sur des millions de Syriens", avertissent les signataires issus de différents continents. En 2020, la Russie, utilisant à plusieurs reprises son veto, avait imposé une réduction drastique du nombre de points de passage transfrontaliers, de quatre à un, à Bab al-Hawa. (Belga)

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