Attentats à Paris - Un livre tente de faire la lumière sur Oussama Atar, le "clandestin" des attentats

Belga

Les éditions Kennes publient mercredi "Le clandestin de Daech". A quelques jours de l'ouverture du procès des attentats de Paris, l'ouvrage tente de faire la lumière sur le cas d'Oussama Atar, présenté comme le cerveau des attaques qui ont frappé la capitale française en 2015 et Bruxelles quelques mois plus tard.Le livre est le fruit des recherches menées par le journaliste de La Libre, Christophe Lamfalussy, et le député Georges Dallemagne (cdH), membre de la commission d'enquête sur les attentats du 22 mars 2016. Il retrace le parcours d'un gamin de Laeken dont la radicalisation commence dans son quartier, aux côtés d'autres jeunes qui feront eux aussi carrière dans le terrorisme, et s'achèvera dans les hautes sphères de l'Etat islamique en Syrie. Atar est arrêté en Irak en 2005 et condamné pour terrorisme. Il passe sept années dans les prisons du pays, dont certaines sont devenues célèbres comme pépinières du futur Etat islamique (Abou Graïb, Camp Bucca), avant d'être libéré et de revenir quelques mois en Belgique. Quel rôle a joué la Belgique dans le dossier? Dès 2006, des agents de la Sûreté de l'Etat rendent visite au jeune homme. Parallèlement à une campagne menée par sa famille et soutenue par des associations et plusieurs mandataires politiques, le gouvernement fédéral décide à deux reprises en 2008 de demander la libération du prisonnier alors que l'OCAM l'a classé au niveau 3 de la menace. A-t-on alors tenté de le "retourner", d'en faire un indicateur des services occidentaux dans les milieux terroristes? La confidentialité qui entoure les sujets du renseignement ne permet pas d'y répondre mais le livre pose très clairement la question. Quand, en 2012, Oussama Atar est libéré, il est directement inculpé en Belgique pour terrorisme mais laissé en liberté conditionnelle, révèle l'ouvrage. La question de sa surveillance se pose. La Belgique s'y est engagée vis-à-vis de l'Irak et des Etats-Unis, mais elle semble faire défaut. Le djihadiste pourra notamment visiter en prison ses cousins, les frères El Bakraoui, futurs kamikazes du 22 mars 2016. Il se procurera aussi sans difficulté un passeport qui lui permettra de partir en Syrie via la Turquie. Au contraire d'autres djihadistes, la discrétion caractérise Oussama Atar et aujourd'hui encore son rôle demeure trouble. "Le travail a été difficile car beaucoup de gens semblent devenus amnésiques, ne voulaient pas parler ou seulement sous couvert de l'anonymat. J'ai eu le sentiment que dans cette histoire il y a une espèce de conspiration du silence. J'espère que dans les procès qui vont s'ouvrir en France et ensuite en Belgique, l'on aura à c?ur de répondre aux questions que pose le cas d'Oussama Atar", a expliqué M. Dallemagne, interrogé par l'Agence Belga. Oussama Atar fait partie des accusés des attentats de Paris, bien qu'il ait probablement été tué en 2017 par un drone américain. La commission d'enquête belge sur les attentats terroristes s'est penchée sur son cas sans toutefois lui consacrer beaucoup de place dans son rapport. "Ce dossier reste une énigme", avait résumé en 2018 la députée Laurette Onkelinx, vice-Première ministre de 1999 à 2014. (Belga)

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