Législatives 2012 en France: Claude Guéant jugé pour "financement illicite" de campagne

Belga

L'ancien ministre français Claude Guéant sera bientôt jugé à Nanterre pour "financement illicite" de sa campagne législative de 2012, à cause de la diffusion d'un tract en sa faveur par le maire LR de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a appris lundi l'AFP de source proche du dossier.L'homme incontournable de la présidence Sarkozy, âgé de 76 ans, doit également être jugé pour "escroquerie pour le remboursement de ses frais de campagne". En janvier 2012, Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt et député sortant des Hauts-de-Seine, annonce soutenir Claude Guéant à sa succession. Dans une lettre adressée à ses administrés, il détaille les raisons de son appui à M. Guéant, alors encore ministre de l'Intérieur. Ce tract avait été dénoncé par le candidat dissident, Thierry Solère, qui soupçonnait M. Baguet de l'avoir financé pour partie avec l'argent de la municipalité. L'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy avait été défait au second tour par M. Solère, aujourd'hui proche d'Emmanuel Macron. "Lors de l'audience à venir, (Claude Guéant) continuera de justifier de son innocence dans ce dossier dans lequel il apparaît davantage, en réalité, comme étant victime du fait maladroit d'un tiers", a réagi auprès de l'AFP son avocat, Me Philippe Bouchez El-Ghozi. De son côté Pierre-Christophe Baguet, qui est toujours le maire LR de Boulogne-Billancourt, a reconnu sa culpabilité et doit être jugé dans les prochaines semaines au cours d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française. Il admet avoir inséré dans une page du bulletin municipal un message sur les élections législatives, contribuant de fait, selon les magistrats, à la campagne de M. Guéant. "Le maire reconnaît une erreur que les magistrats ont qualifiée d'infraction", a réagi auprès de l'AFP son avocat, Me Mario Stasi. Ce nouveau procès pour Claude Guéant s'ajoute à celui des sondages payés par l'Élysée sous Nicolas Sarkozy, pour lequel il comparaît actuellement à Paris pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence. M. Guéant est également visé dans l'enquête sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L'ancien grand commis de l'État, aujourd'hui retraité, a également été définitivement condamné en 2019 à deux ans d'emprisonnement, dont un ferme, 75.000 euros d'amende et une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans, dans le dossier des primes en liquide du ministère de l'Intérieur. (Belga)

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