COP 26 : "Assez de paroles, des actes", exige la patronne d'ONU-Environnement

Belga

"Parler c'est facile, ça fait plus d'un quart de siècle que nous parlons." Malgré quelques annonces "bienvenues" pendant la première semaine de la COP26, la patronne de l'ONU-Environnement n'est toujours pas convaincue: la "guerre" contre le réchauffement est loin d'être gagnée.

COP 26 : "Assez de paroles, des actes", exige la patronne d'ONU-Environnement

Les conférences climat de l'ONU ont lieu tous les ans depuis 1995, à l'exception de 2020 en raison de la pandémie. Et "nous sommes à la COP26, alors ça fait plus d'un quart de siècle que nous parlons. Nous avons fait des progrès mais pas assez rapidement", souligne Inger Andersen vendredi dans un entretien avec l'AFP à Glasgow. Et d'ajouter: "L'action doit commencer maintenant". La première semaine de cette COP26 a vu notamment l'Inde ou le Brésil renforcer leurs engagements à réduire les émissions de gaz à effet de serre, ou une centaine de pays promettre de réduire de 30% celles de méthane en dix ans. Mais "annoncer est une chose, agir en est une autre", note-t-elle, regrettant un manque de "leadership". "Nous savons depuis longtemps que nous devons agir, nous connaissons depuis longtemps les solutions (...) et nous avons vu des changements, mais nous devons accélérer". "C'est pour cela que les jeunes sont dans la rue". "D'ici 2100, je ne serai plus là, je serai morte. Mais cet enfant que vous voyez passer dans une poussette dans la rue à toutes les chances d'être vivant. Lui laisserons-nous un monde à près de +3°C ou un monde à +1,5°C ?", objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, accuse-t-elle. Ces milliers de jeunes qui marchent vendredi dans les rues de Glasgow avec l'égérie suédoise Greta Thunberg, "nous devons (les) écouter", dit-elle. Pour elle, les décisions à prendre pour décarboner l'économie, sortir du charbon et des énergies fossiles en général, stopper la déforestation, ne sont pas faciles. Mais "parce qu'elles sont difficiles, plus nous attendons, plus elles seront difficiles", insiste la cheffe du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE). La décarbonation de l'économie aura un impact sur les travailleurs des secteurs qui doivent se transformer, poursuit la dirigeante. Alors il faut "faire cette transition avec compassion et leadership". Mais "soyons réalistes, les gens qui font face aux tempêtes, aux incendies, aux inondations, sont bien plus nombreux dans le monde que les mineurs ou les travailleurs des hydrocarbures", lance Inger Andersen. "Je ne veux pas être sans coeur, mais l'impact sur les autres est tellement énorme que nous devons être responsables et faire cette transition." Quant aux annonces faites cette semaine, elles sont "bienvenues", notamment celle sur le méthane, gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2. Elle salue également les nouveaux engagements de certains pays à lutter contre la déforestation, même si "on a déjà entendu ça". Et regrette qu'on jette la pierre seulement à ceux qui déforestent. "Nous devons aussi nous blâmer nous-mêmes, consommateurs en Occident qui sommes un des moteurs de la poursuite de la déforestation", en achetant des produits contenant de l'huile de palme dont on ne connaît pas la provenance, insiste la responsable danoise. (Belga)

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