La culture se prépare à manifester son mécontentement, les soutiens se multiplient

Belga

Travailleurs et soutiens de la culture et de l'évènementiel se préparent dimanche à manifester leur colère en début d'après-midi à Bruxelles, à la suite du dernier comité de concertation. Ce dimanche est en effet le jour de l'entrée en vigueur des nouvelles mesures destinés à lutter contra la propagation du coronavirus, dont l'interdiction des activités, spectacles et évènements organisés en intérieur, un élément qui a été accueilli avec beaucoup d'incompréhension par les secteurs concernés.Les organisateurs de la manifestation de dimanche signalent en matinée attendre plus de 5.000 personnes. Vu le succès de l'appel à la mobilisation, l'action a été déplacée au Mont des Arts, alors que la place de la Monnaie était initialement envisagée. Le rassemblement est prévu à partir de 14h00. Des interventions artistiques sont prévues, par exemple des danseurs d'Anne Teresa De Keersmaeker, ainsi que des prises de parole, entre autres de quelques poids lourds de la scène culturelle nationale. Ainsi, le directeur général de La Monnaie Peter De Caluwe est attendu, la directrice de Charleroi Danse Annie Bozzini ou encore le directeur artistique du KVS (le théâtre royal flamand) Michael De Cock. L'artiste Katrien Vermeire participera également. "La manifestation a pour but de pointer l'injustice et l'irrationalité des mesures", explique-t-elle. "Après deux ans de silence de trêve c'est un message important". "Nous avons déjà beaucoup investi et développé pour pouvoir ouvrir. On se sent vraiment visé", ajoute-t-elle avant l'action. Les organisateurs souhaitent un rassemblement pacifique et demandent à chacun de porter un masque et de garder ses distances. Depuis l'annonce des mesures mercredi dernier, les annonces de "résistance" se sont multipliées. De nombreux lieux culturels, cinémas, théâtres, ont communiqué maintenir les dates qu'ils avaient à leur programme, bravant ainsi l'interdiction qui entre en vigueur ce dimanche. Le Théâtre National en fait partie. Dans un autre style, le cirque Bouglione indique dimanche qu'il accueillera bien du public dans son chapiteau à Bruxelles (place Flagey) aux heures prévues, "par solidarité (avec le) secteur culturel". Le cirque va cependant limiter sa jauge à 200 personnes. Les manifestations de soutien viennent de tous horizons: l'Union de la Presse Cinématographique Belge a communiqué son indignation, mais aussi le "Conseil des recteurs" des universités francophones. La culture "n'est pas le problème mais la solution", appuie la CReF via communiqué. "Elle est au c?ur de nos vies. On peut même dire qu'elle est un besoin vital, car elle contribue à donner du sens à nos existences, surtout quand ces dernières sont ébranlées". Parmi les "résistants" figurent d'ailleurs des lieux qui disent avoir pris cette décision en accord avec les autorités publiques. C'est le cas du Centre Culturel d'Uccle, qui relève d'une commune dont le bourgmestre, Boris Dilliès, est pourtant d'un parti (le MR) qui participe aux gouvernements fédéral, wallon et francophone, tout comme l'échevine de la Culture Perrine Ledan, d'Ecolo. Les autorités locales qui se sont exprimées, même si apparentées aux partis associés à la décision de mercredi, ne semblent pas vouloir se précipiter vers des sanctions. Le président de l'Open Vld Egbert Lachaert a semblé reconnaitre à demi-mot que cette interdiction va trop loin, dans un message publié dimanche sur Twitter. Le variant omicron apporte "de l'incertitude dans la gestion" de la pandémie, ce qui a poussé le Comité de concertation à décider de mesures supplémentaires "par précaution". "Qu'elles ne touchent qu'un seul secteur, c'est vrai que c'était très dur", reconnait-il. "Il faudrait que les gouvernements dialoguent avec le secteur ces prochains jours, pour évaluer et éventuellement adapter" les mesures, indique-t-il sans préciser davantage. (Belga)

© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.