L'UE n'exclut pas des sanctions contre le chef séparatiste des Serbes de Bosnie

Belga

L'Union européenne n'exclut pas des sanctions contre Milorad Dodik, le dirigeant séparatiste des Serbes de Bosnie déjà sanctionné mercredi par les États-Unis, ainsi qu'une importante réduction de son aide financière à la Bosnie-Herzégovine, a laissé entendre jeudi la Commission européenne.

L'UE n'exclut pas des sanctions contre le chef séparatiste des Serbes de Bosnie

Il faut "mettre un terme à toutes les initiatives inacceptables qui remettent en cause l'unité du pays ainsi que sa souveraineté et son intégrité territoriale", a affirmé une porte-parole de l'exécutif européen, lors de la conférence de presse quotidienne. "C'est la stabilité et la prospérité du pays qui sont en jeu, ainsi que le processus d'intégration du pays dans l'UE", a mis en garde Ana Pisonero, porte-parole en charge de la politique de voisinage et de l'élargissement. Les États-Unis ont imposé mercredi des sanctions financières à Milorad Dodik, accusé de "menacer la stabilité" des Balkans ainsi que de corruption. Ce membre de la présidence collégiale de Bosnie, qui contrôle une chaîne de télévision à Banja Luka, chef-lieu de l'entité serbe, a accéléré en décembre la mise en ?uvre de son projet séparatiste. Le 10 décembre dernier, le Parlement de l'entité serbe de Bosnie a donné au gouvernement de cette entité un délai de six mois pour organiser légalement son départ de trois institutions cruciales communes à l'État central: l'armée, la justice et les impôts. Milorad Dodik semble avoir le soutien de Moscou. Si la Commission européenne "continue d'encourager les dirigeants à régler la situation par le dialogue", elle n'en a pas moins rappelé jeudi que "tous les outils dont dispose l'Union sont à l'ordre du jour". Parmi eux, le cadre de sanctions qui permettrait d'adopter des mesures restrictives "contre les personnes qui menacent gravement la sécurité en Bosnie-Herzégovine et qui sapent les accords de paix de Dayton", signés en 1995 pour mettre fin au conflit dans l'ex-république yougoslave. D'éventuelles sanctions nécessiteraient un accord unanime des États membres de l'UE (Conseil). L'Union peut aussi agir par le biais de son assistance financière à ce pays des Balkans occidentaux, si des progrès ne sont pas constatés dans les réformes exigées (lutte contre la corruption et la criminalité organisée, économie, fonctionnement des institutions démocratiques et de l'administration publique, etc.). À ce titre, "la Bosnie-Herzégovine risque de perdre une partie considérable de l'aide si aucune mesure n'est prise", a souligné la porte-parole. (Belga)

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