Le projet d'accord social conclu début février entre syndicats et employeurs du secteur des titres-services est menacé car les employeurs ne seraient pas encore prêts à le signer, avaient annoncé lundi les syndicats. Mardi, les acteurs de l'économie sociale réagissent à leur tour par voie de communiqué en faisant remarquer que "seuls les employeurs marchands, représentés par Federgon (fédération des employeurs du secteur des titres-services), n'étaient pas en mesure de signer l'accord. Le secteur de l'économie sociale, représenté par la Fédération Atout EI, était prêt à signer cet accord, même s'il comporte trop peu de mesures en faveur de la qualité de l'emploi". D'après les syndicats, les employeurs accepteraient difficilement un passage de l'accord sur la réduction du temps de travail. "A partir de 2021, nous voulons mettre fin aux constructions par lesquelles les employeurs appliquent une fausse réduction du temps de travail afin d'obtenir des réductions injustifiées de l'ONSS", soulignent les syndicats. "Certaines grosses entreprises ont joué avec les règles", expliquent Jacques Rorive, directeur d'Atout EI, la Fédération Wallonne des Entreprises d'Insertion, et Denis Morrier, président de ConcertES. "Cette situation a été dénoncée en commission paritaire et une solution avait été trouvée pour y remédier. Cependant, des grosses structures (des entreprises de plus de 10.000 travailleurs) essentiellement basées au nord du pays, ont fait pression sur leur fédération afin que celle-ci se rétracte. Pour nous, cela est inacceptable. Un accord est un accord, et pour satisfaire l'avidité de certains, Federgon ne peut signer. Quelques entreprises prennent 150.000 travailleurs en otage." (Belga)