Dans le port d'Anvers, environ 150 militants pour le climat ont pénétré samedi le site de l'entreprise pétrochimique Ineos, où cette dernière entend implanter de nouvelles unités de production d'éthylène et de propylène. L'action a été organisée par la coupole "Ineos Will Fall", qui rassemble des associations environnementales belges et étrangères opposées à ce projet. Les manifestants demandent au gouvernement flamand de retirer son soutien au programme et de privilégier des projets à l'empreinte écologique neutre. Selon Ineos Will Fall, le "Project One" d'Ineos est "l'incarnation par excellence des mauvais choix faits quant à l'avenir de l'industrie flamande et belge". Les manifestants craignent que le géant de la chimie utilise du gaz de schiste pour produire de l'éthylène et du propylène, essentiels à la fabrication de plastique. En outre, plusieurs hectares de forêt doivent être défrichés dans le cadre de ce projet. C'est sur cette friche que les activistes se sont installés samedi. "L'extraction, le transport et l'utilisation du gaz de schiste sont extrêmement polluants et ont un impact social et écologique important sur les communautés des territoires où il est extrait", pointe la porte-parole du collectif, Jasmijn Defize. "La fracturation du gaz de schiste s'accompagne invariablement de fuites importantes de ce puissant gaz à effet de serre qu'est le méthane, qui, ces dernières années, a été de plus en plus mis en évidence comme un facteur important du réchauffement climatique." "Project One" est actuellement étudié par le gouvernement flamand, qui doit décider d'octroyer ou non un permis environnemental. Un premier avis positif a déjà été rendu par la Région la semaine passée. Après plusieurs petites actions restées sans réponse, les militants environnementaux ont décidé d'enclencher la vitesse supérieure en occupant la site dédié aux nouvelles installations. Ils comptent y rester "pour longtemps", ont-ils affirmé. Ils dénoncent également l'octroi probable de subsides par la Région flamande et rejettent l'argument selon lequel le projet créera des emplois. "Si le gouvernement veut investir dans la sécurité de l'emploi, il doit le faire dans des entreprises et des secteurs circulaires et neutres sur le plan climatique." "On pousse les citoyens à faire des eco-gestes mais si les gouvernements continue à favoriser l'industrie fossile et autorise la production d'encore plus de plastique, peu de choses changeront", conclut une militante. (Belga)